22.09.2007
Politique internationale
Vous vous rappelez sans doute que dans les années 1990 la naissance de la jeune république issue de la dislocation de la Yougoslavie donna lieu à un conflit aigu- mais non militaire- entre la Grèce et cette république dont sa dimension correspond à celle du Péloponnèse, ou deux tiers de la Belgique. La raison de ce conflit était le symbole repris sur le drapeau et le nom de Macédoine sans autre précision ethnique (slave). Sur le premier point les Grecs ont eu raison et le drapeau a été modifié. Par contre, le nom reste plus que jamais d’actualité.
Lorsque le conflit était à son paroxysme-1992,1993- l’ancien premier ministre grec Constantin Mitsotakis avait déclaré de manière péremptoire que « dix ans plus tard on ne se rappellerait même pas du problème ».
Quinze ans plus tard le conflit est toujours d’actualité et empoisonne les relations bilatérales entre les deux pays. Mais pas seulement. En effet, la jeune république demande son entrée dans divers organismes internationaux, tels l’Union européenne, le Conseil de l’Europe ou l’OTAN sous son nom constitutionnel, à savoir République de Macédoine et non plus ARYM ou FYROM (Ancienne République de Yougoslavie et son équivalent en anglais).
Le problème c’est que certains pays membres de l’Union européenne comme la Pologne ou les Etats-Unis ont reconnu ce pays, dans le cadre de leurs relations bilatérales, sous son nom constitutionnel. Le Canada vient de rallumer cette crise latente en la reconnaissant aussi sous son nom de Macédoine, ce 20 septembre….jour de la prestation de serment du nouveau gouvernement grec, issu des élections du 16 septembre.
D’autre part, le président du Comité militaire, le plus haut poste de l’OTAN, le général canadien Ray Henault, vient d’avoir des discussions approfondies hier et avant-hier avec ses homologues à Skopje, c'est-à-dire au même moment que la reconnaissance par Ottawa. Le but du voyage est à l’évidence l’examen des réformes logistiques et opérationnelles de l’armée du pays en vue de son entrée dans l’OTAN.
La question qui se pose est : le gouvernement grec, dont le ministre des Affaires Etrangères est la fille de l’ancien Premier ministre Mitsotakis, aura –t-il la force de poser son veto tant que la question du nom n’est pas réglé ? Sans doute les discussions au sein du PASOK et la restructuration des lieux brulés dans le Péloponnèse monopolisent, pour le moment, la discussion politique. Cependant le parti LAOS, formation à la droite de la droite gouvernementale, a eu un succès certain en se fondant sur le rappel de la formule « la Macédoine est grecque », formule à laquelle tiennent viscéralement tous les Grecs du Nord. Cette attitude est partagée par plusieurs députés de la majorité et de la gauche. La majorité de 152 sièges sur les 300 ne donne pas une solidité suffisante tout au moins sur ce point crucial de la politique étrangère grecque.
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Commentaires
Tu as une excellente idée de nous parler de la Grèce, nous avons l'impression qu'il n'y a que la France et notre vaillant Prince Président pour diriger l'ensemble de la planète !
J'apprends en te lisant, continue.
Amicalement
Mugueline
Écrit par : Mugueline | 22.09.2007
La Macédoine n'est "grecque" que depuis 1913.
Et le droit à l'autodétermination d'un peuple, dépasse le simple problème sémantique.
Encore faut-il être Macédonien pour le comprendre.
Les Grecs ne se sont rappelés de leut Macédonité qu'en 1991 après près de 80 ans d'une assimilation forcée de leurs "Macedoniens".
On n'assimile pas son propre peuple me semble-t-il !!!
En ce Week-end de Breizh Touch à Paris, je me rêve à imaginer un Week-end de Macedonian Touch à Athènes... Hellas...
Le projet de loi Canadien date de 05/2007 et le gouvernement a attendu la fin des éléction pour officialiser la chose.
La Macédoine est aussi grecque que l'Alsace est Allemande ou le pays basque français ou espagnol.
Les basques n'ont besoin ni des français, ni des espagnols pour être respectés et se reconnaitre entre eux.
Moi je suis Macédonien et je ne suis chez moi qu'en République de Macédoine.
En Grèce, je suis un "Skopien", comme il disent.
En Serbie, un Serbe du Sud.
En Bulgarie un Bulgare de l'Ouest.
Ces 3 "Grandes" nations lorgnent encore sur "Ma" Macédoine et le temps des assimilations, des grands projets ou états est révolu
Les Macédoniens doivent-ils supporter encore 16 ans de Fyrom,Erym,Arym ?
La menace d'uyn pseudo-irrédentisme du plus petit de voisins de la Grèce a toujours fait ses preuves pour tromper un peuple qui n'a de choix de votre que pour 2 familles depuis 50 ans et qu'on érige ne berceau de la Démocratie.
C'est effectivement vrai pour la Grèce antique mais depuis, une eau plus que boueuse a coulé sous les ponts grecs.
La Grèce devrait s'occuper d'un squelette qu'elle se doit de sortir d'un de ses placards et qui concerne les Egéens, qui ont été dispersés de par le Monde après la guerre civile et qui ont été déchus de leur citoyenneté.
La citoyenneté est un droit inaliénable et la Grèce n'a toujours pas modifié bon nombre de ses lois "racistes".
Pourquoi, parcequ'il ne sont pas "de sang Grec".
Aussi, parceque ce sont des Macédoniens, qui ont combattu dans le camp communiste durant cette guerre.
Leurs descendance vit aujourd'hui en Australie, aux Etats-Unis et au Canada, 3 états bien au courant de ce problème, sur lequel l'Europe toute entière ferme les yeux.
Non et merci au Canada.
Écrit par : Daniel | 23.09.2007
Merci Daniel pour ce commentaire. Permets moi de remercier aussi Mugueline.
En 1996, lorsque j'étais encore fonctionnaire européen, j'avais écrit un livre intitulé "la question macédonienne. L'incompréhension occidentale face à la déchirure balkanique". La commission européenne, pendant deux années avait réfusé de me donner l'autorisationde le publier. Lorsque je l'ai reçue le livre était dépassé et je m'y remets pour le moment. Je disais qu"il serait totalement erroné de considérer que le problème macédonien est un conflit simplement bilatéral entre différents peuples balkaniques. Un simple regard sur une carte géographique, ensemble avec les enseignements tirés de l'histoire, nous montre que c'est un problème de maîtrise des routes balkaniques vers l'Europe centrale et l'Europe occidentale, un problème de maîtrise de la mer Egée, entre l'Occident, par la Grèce interposée, et l'Orient. C'est un conflit entre l'Europe et l'Asie. Réduire le différend macédonien à un conflit entre les Grecs et le macédoniens slaves ou entre ceux - ci et les Bulgares est une erreur de perspective, lourde de conséquences. Croire que la pacification sera acquise par quelque compromis organisé par l'intermédiaire d'une organisation internationale, avec l'aval des élites politiques nationales, sans adhésion sincère des peuples qui habitent la Macédoine, est un leurre. Seuls le respect du droit, que ce soit celui des Etats ou des individus, et un développement économique de la région sont susceptibles d'apaiser durablement les esprits et les rancoeurs, sinon le spectre du nationalisme dévastateur sera toujours présent".
Je ne crois pas que les dirigeants respectifs des Etats impliqués font suffisamment preuve de claivoyance et d'anticipation. Par contre les péroraisons nationalistes sont toujours présentes, en filigrane. Si on s'enferme dans un passé idéalisé qui rejette l'autre, ces élites conduisent leurs Etats , inéluctablement, vers la regression.
Écrit par : gerassimoszorbas | 23.09.2007
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