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27.09.2007

Politique internationale.Balkans

INCIDENT DIPLOMATIQUE AUX NATIONS UNIES ENTRE LA GRECE ET LA REPUBLIQUE DE MACEDOINE (ARYM, FYROM)

Dans mon billet précédent j’évoquais le conflit politique entre les deux pays. Une nouvelle tension vient d’apparaître à l’occasion de l’intervention aux Nations unies du président de la jeune république, Mr. BRANKO CRVENKOVSKI.

Le 25 septembre s’est ouverte la 62e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies. A l’ouverture du débat général ont pris la parole plusieurs chefs d’Etat dont MM. Bush et Sarkozy.

La session est présidée par le diplomate de Skopje Monsieur SRGJAN KERIM.  Devait succéder à la tribune suite aux interventions du président français et de Daniel Ortega (président du Nicaragua), le président  macédonien.

Le président de la session, Monsieur Kerim, invita à la tribune son président en s’adressant à lui en tant que « Président de la république de Macédoine ». Celui-ci voulut prendre la parole, mais son intervention fut interrompue par une motion d’ordre du représentant permanent grec (l’ambassadeur). Ce dernier, rappela au président de la session qu’il devait respecter les règles des Nations Unies (les mêmes règles valent pour l’Union européenne) selon lesquelles la jeune république se nomme toujours « Ancienne République Yougoslave de Macédoine ». Ce sont les Résolutions du Conseil de sécurité 817 et 843 de 1993. D’ailleurs le compte rendu officiel  et les communiqués de presse des NU indiquent monsieur Crvenkovski en tant que président de l’ARYM.

La position grecque en termes de droit est exacte, même si je considère depuis toujours que la Grèce s’est mise dans un bourbier politique, au lieu d’aider financièrement et culturellement ce pays dont la stabilité est importante dans la région des Balkans. Je comprends aussi le président de la session. Comment voulez vous qu’il traite son président ? Président de l’ARYM ? Mais évidemment un président de session n’intervient pas en tant que national d’un pays, mais en tant que président de tous les pays qui participent à l’assemblée Générale. En outre, il était inutile de donner une réponse empreinte d’ironie.

L’incident a pris des proportions car à la fin de son intervention le Président Crvenkovski déclara—alors que la Grèce et son pays sont en conflit en attente d’une solution dans le cadre de l’ONU— que son pays  s’appelle et s’appellera « République de Macédoine ». Il confondit son intervention dans l’enceinte internationale avec un  discours électoral.

On voit donc qua la question de l'appellation de l'Ancienne République Yougoslave de Macédoine rentre dans une nouvelle phase, après une léthargie de plusieurs mois. Le gouvernement grec va exploiter cet incident qui lui facilite une décision éventuelle sur le veto à exercer tant sur l’entrée de ce pays dans l’OTAN que dans  l’UE. Il a le prétexte, l’attitude irrédentiste des officiels du pays voisin. En même temps il court - circuit l’extrême droite.

Dans ce contexte, je considère que la fin de l’intervention du président macédonien fut totalement inutile et, pour reprendre un terme diplomatique, totalement contre- productive d’autant plus que 123 pays sur les 192 membres des Nations Unies ont reconnu ce pays, dans leurs relations bilatérales, avec son nom constitutionnel.

 Décidemment, les Balkans ne sont pas seulement  une région. C’est surtout un problème.

Je reviendrai sans doute sur ce problème!

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