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29.09.2007

La corruption en Europe

La corruption en Europe et le classement mondial établi par Transparency International

Le prétexte pour cette note m’a été donné par la publication de l’interview de Helen Darbishire, fondatrice du réseau  Access Info, dans 20 minutes fr. concernant l’accès des citoyens à l’information. Elle a absolument raison lorsqu’elle dit que cet accès sert, avec d’autres moyens, à combattre la corruption. Certes la corruption comme d’autres phénomènes criminels, ne peuvent être éradiqués totalement. Ils font partie de la société, mais lorsqu’ils ne sont plus des actes isolés ils gangrènent la société.

Le dernier rapport de Transparency publié cette semaine, quelles que soient les réserves qu’on peut avoir à l’égard de cette organisation non gouvernementale, constitue une indication de la perception qu’ont les citoyens de tel ou tel pays de la corruption chez eux.

Globalement le classement mondial qu’il propose montre que là ou il y a la misère et là où règne la dictature ou une caricature de démocratie, la corruption est très élevée. Par contre dans nos démocraties occidentales la corruption est moindre. C’est une des qualités des régimes démocratiques. Mais même dans nos pays la perception de la corruption est différente, ce qui signifie que l’on peut la réduire  en prenant exemple sur les pays le moins corrompus.

A l’intérieur de l’Union européenne, on constate une bonne tenue avec un excellent taux pour la Finlande et le Danemark qui occupent, avec la nouvelle Zélande, la première position mondiale sur 180 pays examinés. La France occupe la 19e place et la Belgique la 21e.

 Toutefois il est consternant de constater que la Grèce reste  le dernier des anciens 15 Etats membres de l’Union européenne sur cette liste noire. Il n’est dépassé que par la Pologne , la Bulgarie et la Roumanie , dans le cadre des 27 Etats membres.

La situation est encore plus préoccupante en ce qui concerne les pays qui voudraient se joindre à l’Union européenne.

Seules la Croatie et la Turquie égalent la Bulgarie dans la corruption.

Suit la Serbie , cinq places plus loin que la Roumanie. Viennent ensuite la Bosnie , la Macédoine et le Monténegro, à la 84e place avec 3,3 points. La toute dernière position dans l’Europe est tenue par l’Albanie qui occupe la 105e place avec 2,9 points.

Pour ceux qui veulent voir de plus près la situation en Europe, cette étude de Transparency International peuvent lire  d’autres rapports tels ceux qui relèvent du Conseil de l’Europe à Strasbourg et notamment le Groupe d’Etats contre la Corruption , dit GRECO. Cela permet aussi de nuancer le rapport de Transparency International et d’exiger que les revenus de toutes les personnes qui ont un mandat électif soient connus. La corruption s’étant « démocratisée », il faut la combattre dans tous les niveaux du pouvoir politique.

         1. Danemark 9,4 ; Finlande 9,4

         4. Suède 9,3

         7. Pays-Bas 9,0

       12. Luxembourg 8,4 ; Royaume Uni 8,4

          15. Autriche 8,1. 16. Allemagne 7,8 . 17. Irlande 7,5

       19. France 7,3

       21. Belgique 7,1

       25. Espagne 6,7

       27. Slovénie 6,6

       28. Estonie 6,5 ; Portugal 6,5

       33. Malte 5,8

       39. Chypre 5,3 ; Hongrie 5,3

       41. République Tchèque5,2 ; Italie 5,2 

       49 Slovaquie 4,9

       51. Lettonie 4,8 ; Lituanie 4,8

       56. Grèce 4,6

       61. Pologne 4,2

       64. Bulgarie 4,1

       69. Roumanie 3,7

27.09.2007

Politique internationale.Balkans

INCIDENT DIPLOMATIQUE AUX NATIONS UNIES ENTRE LA GRECE ET LA REPUBLIQUE DE MACEDOINE (ARYM, FYROM)

Dans mon billet précédent j’évoquais le conflit politique entre les deux pays. Une nouvelle tension vient d’apparaître à l’occasion de l’intervention aux Nations unies du président de la jeune république, Mr. BRANKO CRVENKOVSKI.

Le 25 septembre s’est ouverte la 62e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies. A l’ouverture du débat général ont pris la parole plusieurs chefs d’Etat dont MM. Bush et Sarkozy.

La session est présidée par le diplomate de Skopje Monsieur SRGJAN KERIM.  Devait succéder à la tribune suite aux interventions du président français et de Daniel Ortega (président du Nicaragua), le président  macédonien.

Le président de la session, Monsieur Kerim, invita à la tribune son président en s’adressant à lui en tant que « Président de la république de Macédoine ». Celui-ci voulut prendre la parole, mais son intervention fut interrompue par une motion d’ordre du représentant permanent grec (l’ambassadeur). Ce dernier, rappela au président de la session qu’il devait respecter les règles des Nations Unies (les mêmes règles valent pour l’Union européenne) selon lesquelles la jeune république se nomme toujours « Ancienne République Yougoslave de Macédoine ». Ce sont les Résolutions du Conseil de sécurité 817 et 843 de 1993. D’ailleurs le compte rendu officiel  et les communiqués de presse des NU indiquent monsieur Crvenkovski en tant que président de l’ARYM.

La position grecque en termes de droit est exacte, même si je considère depuis toujours que la Grèce s’est mise dans un bourbier politique, au lieu d’aider financièrement et culturellement ce pays dont la stabilité est importante dans la région des Balkans. Je comprends aussi le président de la session. Comment voulez vous qu’il traite son président ? Président de l’ARYM ? Mais évidemment un président de session n’intervient pas en tant que national d’un pays, mais en tant que président de tous les pays qui participent à l’assemblée Générale. En outre, il était inutile de donner une réponse empreinte d’ironie.

L’incident a pris des proportions car à la fin de son intervention le Président Crvenkovski déclara—alors que la Grèce et son pays sont en conflit en attente d’une solution dans le cadre de l’ONU— que son pays  s’appelle et s’appellera « République de Macédoine ». Il confondit son intervention dans l’enceinte internationale avec un  discours électoral.

On voit donc qua la question de l'appellation de l'Ancienne République Yougoslave de Macédoine rentre dans une nouvelle phase, après une léthargie de plusieurs mois. Le gouvernement grec va exploiter cet incident qui lui facilite une décision éventuelle sur le veto à exercer tant sur l’entrée de ce pays dans l’OTAN que dans  l’UE. Il a le prétexte, l’attitude irrédentiste des officiels du pays voisin. En même temps il court - circuit l’extrême droite.

Dans ce contexte, je considère que la fin de l’intervention du président macédonien fut totalement inutile et, pour reprendre un terme diplomatique, totalement contre- productive d’autant plus que 123 pays sur les 192 membres des Nations Unies ont reconnu ce pays, dans leurs relations bilatérales, avec son nom constitutionnel.

 Décidemment, les Balkans ne sont pas seulement  une région. C’est surtout un problème.

Je reviendrai sans doute sur ce problème!

26.09.2007

Politique interne grecque

INCIDENT EXPLOSIF  OU LA TRAGEDIE DU CHEF DU PARTI SOCIALISTE

 

 

Je l’écrivais dans mon billet précédent. Georges Papandreou est mal conseillé. Il amène des bâtons de dynamite et les offre à ses opposants qui n’auront que le choix du temps pour faire exploser le PASOK.

 

Ce matin,  lors de la première rencontre du groupe parlementaire socialiste et avant la prestation de serment, réuni pour entendre les déclarations programmatiques en vue de la prochaine confrontation avec le gouvernement, tout semblait aller au mieux.

 

C’est en terminant son discours qu’il a eu la mauvaise idée de demander un vote de confiance en sa personne, alors qu’il n’avait pas à le faire puisque jusqu’au 11 novembre il est le chef du parti et le président de ce groupe parlementaire. Probablement, ses conseillers pensaient pouvoir compter les forces en présence.

 

Telle une boule de feu son challenger, le constitutionnaliste et député de Théssalonique Evanghelos Venizélos lui est rentré dedans estimant qu’il essayait de « voler des voix » et qu’il ne l’avait pas prévenu de cette proposition lors de leur rencontre qui avait précédé les débats. Triste et livide le, profondément ,démocrate Georges Papandreou écouta cette intervention ainsi que celles de l’ancien président de la Chambre et de l’ancien premier ministre Kostas Simitis. A partir de ce matin il emprunte le chemin qui le mènera à son propre Golgotha.

 

Le spectacle, transmis en direct par la télévision, laissa au pire un gout de ridicule, au mieux l’impression d’une profonde immaturité politique.

 

Cela serait sans conséquence mais un régime parlementaire, dont le chef du parti majoritaire est en même temps le chef du Gouvernement, une forte opposition est indispensable pour équilibrer les intérêts économiques et sociaux des citoyens. Aujourd’hui ces conditions ne sont pas réunies.

 

25.09.2007

Politique et religion en Grèce

RENTREE PARLEMENTAIRE ET SERMENT SUR L’EVANGILE

Une belle bagarre s’annonce demain entre une gauche laïque et les autres  députés, toutes tendances confondues, attachés à la religion orthodoxe soit par croyance sincère soit pour entretenir leur jardin électoral. Suite aux élections du 16 septembre, les députés se réunissent demain pour prêter serment. Cependant, le Synaspismos, (la coalition de gauche), qui a fortement amélioré son score lors des élections,  conteste le serment tel qu’il est prévu par la Constitution.

 

En effet, la Constitution grecque est proclamée « Au nom de la Trinité sainte, consubstantielle et indivisible ». Deux dispositions expresses renforcent la position de l’église orthodoxe.

D’une part, l’article 3 prévoit que  « la religion dominante en Grèce est celle de l'Église orthodoxe orientale du Christ. L'Église orthodoxe de Grèce, reconnaissant pour chef Notre Seigneur Jésus-Christ, est indissolublement unie, quant au dogme, à la Grande Église de Constantinople et à toute autre Église chrétienne du même dogme, observant immuablement, comme celles-ci, les saints canons apostoliques et synodiques ainsi que les saintes traditions.

 

D’autre part,  l’article 59 dispose que «  avant de prendre leurs fonctions, les députés prêtent, dans le palais du Parlement  et en séance publique, le serment suivant :

« Je jure au nom de la Trinité sainte, consubstantielle et indivisible d'être fidèle à la patrie et au régime démocratique, d'obéir à la Constitution et aux lois et de remplir consciencieusement mes fonctions. »

2. Les députés hétérodoxes ou appartenant à une autre religion prêtent le même serment selon la formule de leur propre dogme ou religion ».

 

Alekos Alavanos, le dirigeant du Synaspismos a raison de vouloir bousculer les habitudes prises de « sanctifier » chaque rentrée scolaire, parlementaire, judiciaire et  passer par tous ces serments sur l’Evangile.

La Grèce est certainement un pays dont la majorité absolue de ses citoyens est orthodoxe, comme moi, mais il est temps de procéder à la séparation formelle de l’Etat et de l’Eglise. Ceci est aussi dans l’intérêt de l’Eglise.

Et puis la Grèce ne peut plus faire semblant d’ignorer la jurisprudence de la Cour des Droits de l’Homme de Strasbourg. Elle a déjà été condamnée en 1993 pour violation de la liberté religieuse (affaire Kokkinakis).

 

Depuis lors, une affaire semblable à celle soulevée  par la coalition de gauche, a été jugée par la même Cour. Dans l’affaire Buscarini contre Saint Marin (arrêt du 18 février 1999) les requérants étaient des ressortissants saint-marinais. Elus au Parlement le 18 juin 1993,  ils prêtèrent serment par écrit sans toutefois se référer aux Evangiles, comme prescrit par l'article 55 de leur Loi électorale. Le 26 juillet 1993, le Parlement enjoignit aux requérants de répéter le serment et de jurer cette fois-ci sur les Evangiles, sous peine de déchéance de leur mandat. Les requérants obtempérèrent  à la sommation, tout en se plaignant notamment d'une violation de leur liberté de religion et de conscience, garantie par l’article 9 de la Convention européenne des Droits de l’Homme.

Face aux arguments du Gouvernement, soulignant notamment l'importance du serment des élus du peuple, la particularité de Saint-Marin, dont l'histoire et les traditions nationales ont des liens avec la religion chrétienne, la République ayant été fondée par un saint, et le fait qu’aujourd'hui la valeur religieuse du serment serait remplacée par la « nécessité de protéger l'ordre public, à savoir la cohésion sociale et la confiance des citoyens dans leurs institutions traditionnelles », la Cour note, qu’indépendamment du caractère légitime des buts indiqués par le Gouvernement, sur lequel elle ne juge pas nécessaire de se prononcer, personne ne doute que le droit national en cause garantit, en général, la liberté de conscience et de religion. En l'occurrence, le fait d'avoir imposé aux requérants le serment sur les Evangiles équivaut toutefois à l’obligation pour deux élus du peuple de faire allégeance à une religion donnée, ce qui n’est pas compatible avec l’article 9 de la Convention. Comme la Commission l'a affirmé à juste titre dans son rapport, il serait contradictoire de soumettre l'exercice d'un mandat qui vise à représenter au sein du Parlement différentes visions de la société, à la condition d'adhérer au préalable à une vision déterminée du monde. La restriction incriminée ne saurait dès lors passer pour « nécessaire dans une société démocratique ».

 

Il sera intéressant de voir comment vont se positionner les « Grands » du Pasok(parti socialiste), car il est plus que probable que A. Alavanos ne lâchera pas le morceau. Il a pour lui la jurisprudence de la Cour de Strasbourg, mais aussi le fait que  des voix se sont élevées au sein du Conseil d’Etat  ( la plus haute juridiction administrative, calquée sur le Conseil d’Etat français) pour refuser, elles aussi cette présence ecclésiastique.

 

Politique et religion en Grèce

RENTREE PARLEMENTAIRE ET SERMENT SUR L’EVANGILE

Une belle bagarre s’annonce demain entre une gauche laïque et les autres  députés, toutes tendances confondues, attachés à la religion orthodoxe soit par croyance sincère soit pour entretenir leur jardin électoral. Suite aux élections du 16 septembre, les députés se réunissent demain pour prêter serment. Cependant, le Synaspismos, (la coalition de gauche), qui a fortement amélioré son score lors des élections,  conteste le serment tel qu’il est prévu par la Constitution.

 

En effet, la Constitution grecque est proclamée « Au nom de la Trinité sainte, consubstantielle et indivisible ». Deux dispositions expresses renforcent la position de l’église orthodoxe.

D’une part, l’article 3 prévoit que  « la religion dominante en Grèce est celle de l'Église orthodoxe orientale du Christ. L'Église orthodoxe de Grèce, reconnaissant pour chef Notre Seigneur Jésus-Christ, est indissolublement unie, quant au dogme, à la Grande Église de Constantinople et à toute autre Église chrétienne du même dogme, observant immuablement, comme celles-ci, les saints canons apostoliques et synodiques ainsi que les saintes traditions.

 

D’autre part,  l’article 59 dispose que «  avant de prendre leurs fonctions, les députés prêtent, dans le palais du Parlement  et en séance publique, le serment suivant :

« Je jure au nom de la Trinité sainte, consubstantielle et indivisible d'être fidèle à la patrie et au régime démocratique, d'obéir à la Constitution et aux lois et de remplir consciencieusement mes fonctions. »

2. Les députés hétérodoxes ou appartenant à une autre religion prêtent le même serment selon la formule de leur propre dogme ou religion ».

 

Alekos Alavanos, le dirigeant du Synaspismos a raison de vouloir bousculer les habitudes prises de « sanctifier » chaque rentrée scolaire, parlementaire, judiciaire et  passer par tous ces serments sur l’Evangile.

La Grèce est certainement un pays dont la majorité absolue de ses citoyens est orthodoxe, comme moi, mais il est temps de procéder à la séparation formelle de l’Etat et de l’Eglise. Ceci est aussi dans l’intérêt de l’Eglise.

Et puis la Grèce ne peut plus faire semblant d’ignorer la jurisprudence de la Cour des Droits de l’Homme de Strasbourg. Elle a déjà été condamnée en 1993 pour violation de la liberté religieuse (affaire Kokkinakis).

 

Depuis lors, une affaire semblable à celle soulevée  par la coalition de gauche, a été jugée par la même Cour. Dans l’affaire Buscarini contre Saint Marin (arrêt du 18 février 1999) les requérants étaient des ressortissants saint-marinais. Elus au Parlement le 18 juin 1993,  ils prêtèrent serment par écrit sans toutefois se référer aux Evangiles, comme prescrit par l'article 55 de leur Loi électorale. Le 26 juillet 1993, le Parlement enjoignit aux requérants de répéter le serment et de jurer cette fois-ci sur les Evangiles, sous peine de déchéance de leur mandat. Les requérants obtempérèrent  à la sommation, tout en se plaignant notamment d'une violation de leur liberté de religion et de conscience, garantie par l’article 9 de la Convention européenne des Droits de l’Homme.

Face aux arguments du Gouvernement, soulignant notamment l'importance du serment des élus du peuple, la particularité de Saint-Marin, dont l'histoire et les traditions nationales ont des liens avec la religion chrétienne, la République ayant été fondée par un saint, et le fait qu’aujourd'hui la valeur religieuse du serment serait remplacée par la « nécessité de protéger l'ordre public, à savoir la cohésion sociale et la confiance des citoyens dans leurs institutions traditionnelles », la Cour note, qu’indépendamment du caractère légitime des buts indiqués par le Gouvernement, sur lequel elle ne juge pas nécessaire de se prononcer, personne ne doute que le droit national en cause garantit, en général, la liberté de conscience et de religion. En l'occurrence, le fait d'avoir imposé aux requérants le serment sur les Evangiles équivaut toutefois à l’obligation pour deux élus du peuple de faire allégeance à une religion donnée, ce qui n’est pas compatible avec l’article 9 de la Convention. Comme la Commission l'a affirmé à juste titre dans son rapport, il serait contradictoire de soumettre l'exercice d'un mandat qui vise à représenter au sein du Parlement différentes visions de la société, à la condition d'adhérer au préalable à une vision déterminée du monde. La restriction incriminée ne saurait dès lors passer pour « nécessaire dans une société démocratique ».

 

Il sera intéressant de voir comment vont se positionner les « Grands » du Pasok(parti socialiste), car il est plus que probable que A. Alavanos ne lâchera pas le morceau. Il a pour lui la jurisprudence de la Cour de Strasbourg, mais aussi le fait que  des voix se sont élevées au sein du Conseil d’Etat  ( la plus haute juridiction administrative, calquée sur le Conseil d’Etat français) pour refuser, elles aussi cette présence ecclésiastique.

 

CORFOU ET LANGUE FRANCAISE

J’emprunte du journal des Français à l’étranger et de la presse locale de Corfou, la brève relation concernant la visite de l’Ambassadeur de France en Grèce, Christophe Farnaud, à Corfou, les 19 et 20 septembre. Dans le cadre d’une visite protocolaire, l’ambassadeur a rencontré le maire de la ville, M Sotiris Mikalef, ainsi que le préfet de Corfou, Stephanos Poulimenos, avant de déposer une gerbe au cimetière militaire français de Gastouri. Ayant rencontré  le recteur de l’Université Ionienne Dimitris Tsougarakis, ils ont  évoqué la collaboration franco-hellénique dans le secteur universitaire et la possibilité de mettre en œuvre un Master commun franco-hellénique dans le domaine des archives. Cette université est en effet un acteur important de la francophonie en Grèce grâce, notamment, à un programme commun avec l’Université française de Caen. L'ambassadeur a ensuite assisté à une réception donnée sur la frégate française "Cassard", qui faisait escale à Corfou, jusqu’aujourd’hui.
Le lendemain, M. Farnaud s'est rendu à la Vieille Forteresse de Corfou pour visiter le Centre National des Archives, dirigé par Aliki Nikiforou, et la 21e Ephorie Byzantine gérée par Diamanto Rigakou, co-organisatrice avec le Musée des civilisations d’Europe et de Méditerranée de Marseille de l’exposition "Ex-votos et Miracles". Il a ensuite assisté à la remise officielle des livres offerts par l’association française ADIFLOR dans le cadre du projet commun de la Bibliothèque Publique et de l’Agence Consulaire de Corfou d’ouvrir section de livres francophones. (
www.lepetitjournal.com; Episimanseis tis kyriakis)

 

Je ne peux qu’approuver cette démarche. N’empêche. Le gouvernement français n’est pas toujours cohérent. Il a ainsi, il y a quelques années, fermé l’antenne de l’Institut français d’Athènes à Corfou, une véritable pépinière d’enfants grecs dont leur famille voulait qu’ils apprennent le français . A l’heure où la langue française est mise sous pression-la langue n’est pas seulement un outil de communication, il est aussi un outil politique, il suffit de voir ce qui se passe au niveau européen -  de telles décisions sont pour le moins incompréhensibles. Il est à espérer que le jeune ambassadeur qui a déjà une expérience diplomatique et politique sera sensible à cet aspect.

 

 

CORFOU ET LANGUE FRANCAISE

J’emprunte du journal des Français à l’étranger et de la presse locale de Corfou, la brève relation concernant la visite de l’Ambassadeur de France en Grèce, Christophe Farnaud, à Corfou, les 19 et 20 septembre. Dans le cadre d’une visite protocolaire, l’ambassadeur a rencontré le maire de la ville, M Sotiris Mikalef, ainsi que le préfet de Corfou, Stephanos Poulimenos, avant de déposer une gerbe au cimetière militaire français de Gastouri. Ayant rencontré  le recteur de l’Université Ionienne Dimitris Tsougarakis, ils ont  évoqué la collaboration franco-hellénique dans le secteur universitaire et la possibilité de mettre en œuvre un Master commun franco-hellénique dans le domaine des archives. Cette université est en effet un acteur important de la francophonie en Grèce grâce, notamment, à un programme commun avec l’Université française de Caen. L'ambassadeur a ensuite assisté à une réception donnée sur la frégate française "Cassard", qui faisait escale à Corfou, jusqu’aujourd’hui.
Le lendemain, M. Farnaud s'est rendu à la Vieille Forteresse de Corfou pour visiter le Centre National des Archives, dirigé par Aliki Nikiforou, et la 21e Ephorie Byzantine gérée par Diamanto Rigakou, co-organisatrice avec le Musée des civilisations d’Europe et de Méditerranée de Marseille de l’exposition "Ex-votos et Miracles". Il a ensuite assisté à la remise officielle des livres offerts par l’association française ADIFLOR dans le cadre du projet commun de la Bibliothèque Publique et de l’Agence Consulaire de Corfou d’ouvrir section de livres francophones. (
www.lepetitjournal.com; Episimanseis tis kyriakis)

 

Je ne peux qu’approuver cette démarche. N’empêche. Le gouvernement français n’est pas toujours cohérent. Il a ainsi, il y a quelques années, fermé l’antenne de l’Institut français d’Athènes à Corfou, une véritable pépinière d’enfants grecs dont leur famille voulait qu’ils apprennent le français . A l’heure où la langue française est mise sous pression-la langue n’est pas seulement un outil de communication, il est aussi un outil politique, il suffit de voir ce qui se passe au niveau européen -  de telles décisions sont pour le moins incompréhensibles. Il est à espérer que le jeune ambassadeur qui a déjà une expérience diplomatique et politique sera sensible à cet aspect.

 

 

24.09.2007

Politique interne grecque

Le pasok  se prépare pour une psychanalyse de groupe

 

Tous les cadres du parti socialiste grec qui voudraient saisir leur chance et devenir le nouveau président  se préparent activement en vue des élections du 11 novembre. A l’heure actuelle Georges Papandreou, l’actuel président, a pour lui la sympathie que lui procure son nom mais surtout et avant tout ses qualités morales et sa sincérité. Un petit groupe de fidèles espère sa réélection.

 

Cependant, les membres et amis qui voteront dépasse le million et donc rien n’est prévisible. On ne peut contrôler autant d’électeurs.

 

Au risque d’insulter les Grecs, Georges Papandreou n’est pas fait pour la Grèce. Il aurait été excellent dans des pays tels que la Belgique qui pratiquent le compromis comme mesure gouvernementale (avec d’autres défauts, évidemment). La maturité d’une démocratie ne se mesure pas à la capacité immodérée des Grecs de parler de la politique. Georges Papandreou n’est pas un populiste. Il ne sait pas caresser le public dans le sens du poil. S’y risquer dans le populisme le rendrait ridicule. C’est un individu que toutes les familles voudraient avoir comme fils ou beau fils.

 

Plusieurs raisons expliquent son échec électoral. Retenons trois. Pour deux d’entre elles il est responsable. A la différence de tous les autres, Georges Papandreou a un double cordon ombilical qui l’empêche d’être chef. Le premier est celui qui le relie à son père Andreas Papandreou, le leader historique du PASOK. Il vit constamment sous son ombre et il ne cesse pas de faire référence, dans ses discours, à Andreas…Bien sûr, le public applaudit, mais lorsque le fils prend la parole il n’est plus le fils. Il est le leader du PASOK actuel . Le deuxième lien ombilical est celui qui le lie à sa mère Margarita. Bien qu’américaine elle couve son fils comme toutes les mamans grecques. Ceci serait sans conséquence si le fils n’était pas le leader du plus grand parti de l’opposition en Grèce. Or, se sont agglomérés autour des membres très proches de sa famille ainsi que quelques conseillers, membres d’une courette- qui avaient bien saisi cette relation.

 

La troisième raison est due, sans exception, à l’ensemble des cadres du parti l'ayant entouré pendant ces dernières années qui, voulant se sauvegarder une place sur les listes électorales, n’ont pas osé contester les dérives décisionnelles.

 

Le challenger, déclaré dès la nuit de l’échec électoral du 16 septembre, est un brillant constitutionnaliste. Evanghelos Venizélos, pléthorique physiquement et intellectuellement, est un rhéteur redoutable. Son intelligence dépasse, et de loin, la moyenne de l’intelligence cumulée des cadres du PASOK. Sa qualité principale est aussi son défaut. On comprend aisément qu’il est l’objet d’inimitiés profondes au sein du parti. Capable de populismes et des sophismes, artiste du « dire beaucoup sans rien dire » est certainement en mesure de restaurer le parti et le conduire vers des meilleurs résultats. Le petit groupe qui est autour de lui peut lui apporter un soutien logistique.

 

Face à ces protagonistes aux personnalités diamétralement opposées et aux qualités différentes, d’autres essaient de jouer un rôle pour ne pas perdre le train des événements. Le problème c’est qu’ils n’ont ni le nom du premier, ni l’intelligence du deuxième. Theodoros Pangalos a l’habitude des belles phrases, mais n’a pas toujours le courage de prendre ses responsabilités jusqu’au bout. L’ancien premier ministre, Costas Simitis, qui avait transmis la patate chaude à Papandreou en 2004 – le premier échec électoral subi par Georges Papandreou en tant que chef du parti, mais dû en grande partie au gouvernement Simitis- essaie de jouer quant à lui au régulateur des conflits. Enfin, Anna Diamantopoulou, l’ancienne Commissaire européenne aux Affaires Sociales (1999-2003) semble hésiter : être ou ne pas être candidat ou se contenter d’apporter son soutien à celui qui paraîtra, les prochains jours, l’emporter ? Elle n’est pas sûre que les deux protagonistes lui laisseront de l’espace. Mais si elle postule, elle le fera en jouant  au troisième larron soit qu'elle espère devenir le chef de file d’un courant au sein du futur PASOK.

 

Au moins, ils ont tous un travail pour toute la législature. Ils sont députés jusqu’aux prochaines élections. C’est bien ce jour là qu’on fera les comptes définitifs. Fidèles et infidèles…. Pour autant qu’entre-temps le PASOK n’implose. En tout état de cause plus rien n'est déjà pas comme avant le 16 septembre 2007.

 

 

23.09.2007

Politique

SARKOZY, UN NOUVEL ANXIOLYTIQUE

 

 

Quel est ce ministre, encouragé par les discours de son président qui vient de lancer « Français, arrêtez de penser, agissez ! » ?

 

Jadis, la foule accompagnait le grand timonier chinois Mao dans ses baignades.Verrons nous , un jour, des Français se baigner ensemble avec leur président si ce dernier, laissant de coté son goût illimité pour l’argent et le pouvoir, se baigner dans la Garonne , qui comme chacun le sait est un fleuve européen à la mesure d’un président qui dépasse les frontières françaises. Comme je ne suis pas Français je n’obéirai pas à l’injonction de ce ministre et je continuerai à réfléchir.

 

Mais le problème c’est que mon premier ministre, Constantin Caramanlis, est un grand admirateur du président français et est impatient de voir comment les Français vont réagir aux coups de massue sociaux qu’ils vont recevoir.

 

Par ailleurs, dans son édition de hier le quotidien athénien To Vima ( La Tribune ) publiait un article de Roger Cohen « Sarkozy casse les dix tabous français ». Pour ceux qui parlent anglais le même article sous le titre « French revolution » est paru dans l’édition du 20 septembre du New York Times.

 

Je voudrais me limiter au prétendu tabou social. Non pas que Nicolas Sarkozy ait caché ses intentions. Mais  tout en faisant une présentation équivoque des problèmes-Europe, Amérique, chômage, immigration, emploi, éducation, …- il a bénéficié de la déstructuration des socialistes français et de la faiblesse intellectuelle et politique des syndicats.

 

J’ai toujours peur de ceux qui proclament « je ne suis pas idéologue. Je ne fais pas de grandes théories sur la justice sociale. J’essaie de partir des réalités telles qu’elles sont et des aspirations des Français…..avant de lancer l’oracle reçu de la Pythie à sa question « Au fond, que veulent les Français » ?

 

Deux choses veulent les Français : d’abord, « ils m’ont élu pour agir et non pour commenter. « Je dois vous dire » - vous allez voir que l’utilisation surabondante du « je » dans les discours présidentiels va faire l’objet d’ouvrages psychanalytiques- « une deuxième chose : c’est beaucoup moins anxiogène pour les Français de savoir qu’un gouvernement digne de ce mot s’occupe de trouver des solutions structurelles à leurs problèmes….(Allocution du 18.9.07 prononcée devant l’Association des journalistes de l’information sociale).

 

La justice sociale est bien sur un de ces problèmes structurels de la société française. Il ne suffit pas de dire « je refuse le nivellement, l’égalitarisme et l’assistanat » pour soi- disant se  présenter comme le champion de l’égalité des chances.

 

J’invite à lire, et en premier lieu les syndicalistes, l’article d’un jeune philosophe belge, Axel Gosseries, paru dans le quotidien bruxellois « Le Soir »  du 6 juillet 2007 et intitulé « « pourquoi la droite caricature-t-elle l’égalitarisme » ?

 

Depuis bien longtemps le dialogue social est malmené par les gouvernements successifs français, y compris du temps des socialistes. Aux manifestations annoncées pour le mois d’octobre, les syndicats doivent se positionner intellectuellement. Il y a bien une idéologie derrière tout discours politique. Il convient de la confronter aux courants adverses, de la mettre au service des citoyens. Pour cela, les syndicats français doivent puiser au plus profond de ce qui leur reste comme ressource intellectuelle. Il y va de leur credibilité.

 

22.09.2007

Politique internationale

JOIE MACEDONIENNE, IRRITATION GRECQUE

Vous vous rappelez sans doute que dans les années 1990 la naissance de la jeune république issue de la dislocation de la Yougoslavie donna lieu à un conflit aigu- mais non militaire- entre la Grèce et cette république dont sa dimension correspond à celle du Péloponnèse, ou deux tiers de la Belgique. La raison de ce conflit était le symbole repris sur le drapeau et le nom de Macédoine sans autre précision ethnique (slave). Sur le premier point les Grecs ont eu raison et le drapeau a été modifié. Par contre, le nom reste plus que jamais d’actualité.

Lorsque le conflit était à son paroxysme-1992,1993-  l’ancien premier ministre grec Constantin Mitsotakis avait déclaré de manière péremptoire  que « dix ans plus tard on ne se rappellerait même pas du problème ».

Quinze ans plus tard le conflit est toujours d’actualité et empoisonne les relations bilatérales entre les deux pays. Mais pas seulement. En effet, la jeune république demande son entrée dans divers organismes internationaux, tels l’Union européenne, le Conseil de l’Europe ou l’OTAN sous son nom constitutionnel, à savoir République de Macédoine et non plus ARYM ou FYROM (Ancienne République de Yougoslavie et son équivalent en anglais).

Le problème c’est que certains pays membres de l’Union européenne comme la Pologne ou les Etats-Unis ont reconnu ce pays, dans le cadre de leurs relations bilatérales, sous son nom constitutionnel. Le Canada vient de rallumer cette crise latente en la reconnaissant aussi sous son nom de Macédoine, ce 20 septembre….jour de la prestation de serment du nouveau gouvernement grec, issu des élections du 16 septembre.

D’autre part, le président du Comité militaire, le plus haut poste  de l’OTAN, le général canadien Ray Henault, vient d’avoir des discussions approfondies hier et avant-hier avec ses homologues à Skopje, c'est-à-dire au même moment que la reconnaissance par Ottawa. Le but du voyage est à l’évidence l’examen des réformes logistiques et opérationnelles de l’armée du pays en vue de son entrée dans l’OTAN.

La question qui se pose est : le gouvernement grec, dont le ministre des Affaires Etrangères est la fille de l’ancien Premier ministre Mitsotakis, aura –t-il la force de poser son veto tant que la question du nom n’est pas réglé ? Sans doute les discussions au sein du PASOK et la restructuration des lieux brulés dans le Péloponnèse monopolisent, pour le moment, la discussion politique. Cependant le parti LAOS, formation à la droite de la droite gouvernementale, a eu un succès certain en se fondant  sur le rappel de la formule «  la Macédoine est grecque », formule à laquelle tiennent viscéralement tous les Grecs du Nord. Cette attitude est partagée par plusieurs députés de la majorité et de la gauche. La majorité de 152 sièges sur les 300 ne donne pas une solidité suffisante tout au moins sur ce point crucial de la politique étrangère grecque.

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