01.10.2007
Politique internationale.Balkans
Il fallait s’attendre. Tombé en pleine présentation du programme gouvernemental au Parlement,moment où le gouvernement demande sa confiance , l’incident du 25 septembre aux Nations Unies (voir billet précédent) ) a raidi à l’extrême la position grecque.
Selon le premier ministre grec Costas Karamanlis, intervenant au Parlement les 29-30 septembre, « nous avons fait savoir expressément à nos voisins de Skopje que s' ils souhaitent réellement adhérer aux institutions euro atlantiques, ils doivent respecter entièrement les Accords et abandonner leur position irréconciliable afin de trouver une solution acceptable par les deux parties en ce qui concerne leur nom. Voilà nos positions. Et ces positions sont parfaitement claires ».
Secondé par la ministre des Affaires Etrangères, Dora Bakoyianni, celle-ci fit état de l’incident pour estimer que « dans ces conditions il ne peut pas y avoir du progrès dans la perspective de l’adhésion de ce pays à l’OTAN et à l’UE ».
« La question du nom n’est pas une question bilatérale, ni une question sentimentale. C’est un sujet politique par excellence. C’est une question de respect et d’application des relations de bon voisinage. Il s’agit, en dernière analyse, d’une question de stabilité régionale et de collaboration ».
Et ajouta « Nous parlons pour l’avenir et non pour le passé. Les actes et les omissions de Skopje, l’attitude irréconciliable, la large propagande fondée sur une logique irrédentiste et toute sorte de provocations minent la lettre et l’esprit de la Convention intérimaire de 1995. La Grèce , comme je l’ai souligné à New York conserve dans sa totalité tous les droits qui émanent de sa qualité de membre de l’OTAN et de l’UE ».
S’adressant aux membres du Parlement, elle indiqua qu' « en ce qui concerne la procédure qui est suivie au sein des Nations Unies nous avons fait tous les pas nécessaires.Mais l’autre partie doit aussi couvrir une certaine distance. Malheureusement elle ne l’a pas encore fait.
Je les invite à abandonner le plus rapidement possible cette attitude sans issue.
Le ministère des Affaires Etrangères, a reçu instruction de la part du premier ministre à faire connaître clairement la position de la Grèce à tous les amis, alliés et partenaires.
La Grèce est prête pour une solution communément acceptée. Celle ci est la position responsable du plus ancien membre de l’UE et de l’OTAN de cette région. C’est la position de la Grèce qui , évidemment, conserve intactes toutes les possibilités qu’elle a comme Etat membre de ces organisations. Il n’y a qu’une seule voie pour Skopje qui mène à l’OTAN et à l’UE. La voie de la solution communément acceptée. Point barre.Ca c’est le message fort de la Grèce. Vers toutes les directions »
Face à ce conflit, le President Mr Branko CRVENKOWSKI, accompagné du ministre des affaires Etrangères Mr Antonio MILOSOSKI voit à Bruxelles le mercredi 3 octobre le commissaire chargé de l’élargissement. Olli Rehn, le membre finlandais de la Commission européenne n’a pas beaucoup de marge de manœuvres dans la mesure où la toute première priorité de la jeune république est son adhésion à l’OTAN. Sans doute le Commissaire européen , tout en constatant une amélioration, ne manquera pas de souligner que la Macédoine doit faire des grands efforts pour combattre la corruption et que le chemin pour l’Union européenne est bien long, veto grec ou non.. Mr CRVENKOWSKI verra une heure plus tard Javier Solana qui a déjà le problème de la reconnaissance du Kosovo dans les bras. Le lendemain ,le président de l’ARYM verra le ministre socialiste du gouvernement Fillon, Mr Kouchner. Peut être ce dernier, sera mieux inspiré d’abandonner ses qualités diplomatiques au profit de ses compétences médicales. Il doit faire la part de qui relève d’un problème existentiel pour les macédoniens de Skopje et d’un problème psychotique pour les grecs. C’est ça parfois la grande politique.
15:05 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Grèce, Macédoine, FYROM, OTAN, Veto











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