La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

29.10.2007

Congé

L'avantage d'avoir son blog ce qu'on ne  dépend pas d'un rédacteur en chef qui vous fixe des délais intenables et vous censure ( vous corrige) vos articles. Ou que vous empêche de prendre vos vacances.

Je prendrai donc quelques jours de congé,  jusqu'au 1er novembre. Pas très loin, jusqu'à Trèves (non, ce n'est pas français), en Allemagne pour visiter une très belle exposition consacrée à Constantin le Grand, celui qui a fondé Constantinople.

Nous aurons l'occasion de parler de Byzance, car son histoire fait partie de notre histoire. Et cette histoire conditionne encore notre vie, même si on ne le "voit" pas.

26.10.2007

Macédoine et Grèce: Le bras de fer

MACEDOINE (FYROM) ET GRECE : LE BRAS DE FER

Depuis l’incident diplomatique qui a eu lieu aux Nations Unies (voir mon billet sur le sujet), politiciens de tous bords et presse nationale de chaque coté du fleuve Vardar ne cessent d’évoquer le conflit qui les oppose.

J’ai toujours considéré que la Grèce aurait pu avoir une politique différente avec ce petit pays. Par le jeu économique et par le jeu culturel. Même si le droit et l’Histoire  étaient de son coté. Ce n’est pas une question de droit, mais une question éminemment politique que la Grèce a mal réglé.

J’ai toujours considéré que l’ancien Président, ce vieux loup communiste Kiro Gligorov, a mieux agi que les politiciens grecs, Andreas Papandreou, Mitsotakis, Karamanlis et Karolos Papoulias, à l’époque ministre des Affaires Etrangères et actuellement président de la Grèce. De même la Nouvelle Démocratie , actuellement au pouvoir  recueille les fruits de sa politique lorsqu’elle était dans l’opposition. La politique étrangère n’est pas un enjeu électoral.

  Rappel du conflit

Le conflit porte sur le nom constitutionnel du pays : République de Macédoine. Les Grecs le contestent au motif qu’il cache des visions irrédentistes et des revendications ultérieures. Ils veulent que ce pays, pour accéder notamment dans l’Union européenne et l’OTAN, où ils ont un droit de veto, changent ce nom en y joignant un adjectif, genre « République slavo-macédonienne ».

Je peux comprendre qu’une telle nomination est impossible pour Skopje, puisque la grande minorité albanophone- peuple non slave- ferait imploser le pays.

Par contre une « République de Nouvelle Macédoine » pourrait être acceptée par les deux Gouvernements. Une telle nomination serait elle acceptée par les deux populations ? Rien n’est moins sûr. Une très grande majorité des Grecs ne veulent aucune nomination qui comporterait le nom Macédoine. Pour les Grecs la  « Macédoine est une et elle est  grecque ». Pour les habitants de FYROM   il n’est pas question d’un quelconque changement du nom constitutionnel.

Dans ces conditions….

Evidement les faucons du nationalisme et de l’extrême droite ne sont pas loin. Leurs slogans, placés comme solutions, « parlent » mieux aux citoyens que la discussion politique sereine, d’autant plus que ceux qui gèrent les affaires n’ont aucune envie de perdre leur mandat pour défendre l’intérêt à long terme de leur pays respectif. Le clergé non plus ne va as de main morte, sans oublier les maires et préfets (chez les Grecs, les préfets sont élus) des régions qui appartiennent à la Macédoine géographique (globalement tout ce qui est au dessus de Thessalonique) pour qui la question macédonienne est un outil électoral.

Il en va de même de l’autre coté.

Les provocations de Skopje

Cependant, Skopje pour des raisons qui ont à faire avec la complexité ethnique du pays a fait de la surenchère.

-L’attitude ironique et arrogante du ministre Antonio Milososki est probablement due à son inexpérience et à son jeune âge. La transition depuis les bars de Skopje et des bancs de l’Université à la politique a été trop rapide  pour pouvoir emmagasiner un peu de sagesse qu’apporte inéluctablement l’âge.

-La provocation totalement inutile de nommer l’aéroport de la capitale « Alexandre le Grec ».

-L’acte absolument inutile de présenter, sur le site officiel du gouvernement, son communiqué du 23 octobre 2007, pris à l’occasion de la célébration de la date du 23 octobre 1893, date de la création du Comité révolutionnaire, accompagné de l’étoile de Vergina .

Ceci apporte du moulin dans l’eau des Grecs qui voient, sans doute avec une certaine perspicacité, un lien admirablement tissé, bien qu’artificiel, entre Skopje d’aujourd’hui et la …Macédoine d’Aristote. L’étoile de Vergina est le symbole de la dynastie macédonienne. Ainsi, on laisse l’impression que depuis Philippe II et Alexandre le Grand jusqu’à maintenant il y a une continuité.  C’est oublier de dire que les slaves, notamment les slaves dragovites, sont arrivés dans les Balkans au 6e -7e siècle.

Ainsi le nom de l’aéroport, le nom constitutionnel et les Macédonian AirLines nous imprègnent de ce que ce pays est certainement la seule et « vraie » Macédoine.

Le rappel du 23 octobre 1893 fait le lien avec le réveil des nationalités du 19e siècle et la lutte contre l’empire ottoman. Mais c’est surtout pcq la première réunion du groupe révolutionnaire a eu lieu dans la maison d’ Ivan Hadji Nikolov à Thessalonique.

Ceci fait le lien avec ce que les romantiques, ou irrédentistes, appellent la « Macédoine Egéenne (Mer Egée). Dans ce même ordre d’idées la Turquie pourrait réclamer Thessalonique pcq c’est aussi le lieu de naissance de Mustafa Kemal (Ataturk) ou de  Bitola,  pcq il y  fit ses études à l'Académie militaire avant de prendre le commandement des Jeunes Turcs (1881-1938).

Enfin, il reste un élément plus subtil encore, qu’est la langue et donc les revendications minoritaires qui s’en suivent. Il existe même un parti qui a son siège dans le département grec de Florina (Lerin, en macédonien slave), département frontalier dont est distante de quelques kilomètres Bitola.  Ce parti dit en grec « Ouranio Toxo »(Arc en ciel , Rain bow, vino-zito), dont le but est de défendre les droits minoritaires des Macédoniens en Grèce a même eu gain de cause devant la Cour des droits de l’Homme à Strasbourg pour une affaire qui a commencé en 1995.  Ce sont les mots slaves vino-zito du titre de ce parti qui avaient déclenché des bagarres à Florina entre Grecs et les partisans de ce parti. Ces mots rappellent des souvenirs dramatiques de la guerre civile grecque qui a suivi la deuxième guerre mondiale. (pour plus de détails voir l’arrêt de la Cour du 20 octobre 2005 ((Recours N° 74989/01)

Ceci apporte du moulin dans l’eau des Grecs qui voient, sans doute avec une certaine perspicacité un lien admirablement tissé, bien qu’artificiel, entre Skopje d’aujourd’hui et la Macédoine d’Aristote dont le but final est la poursuite des revendications.

Bien évidemment cela peut nous paraître ridicule, comme nous paraît ridicule le conflit linguistique entre les francophones et les flamands de la Belgique. Mais cela l’est moins quand l’Histoire sert la politique.

L’immédiat

Le 1er novembre, le négociateur de l’ONU Matthew Nimitz rencontrera les deux parties pour une ultime( ?) réunion. J’ai une seule certitude : que ce conflit constitue une bonne source de revenus pour ce distingué monsieur car il le …gère depuis 1994.

Le 6 novembre la Commission livrera son rapport annuel sur les progrès accomplis par Skopje en vue de son adhésion à l’Union européenne. Il n’y aura rien de particulier dans ce rapport qui, tout en faisant l’éloge des avancées économiques, il mettra l’accent sur les reformes sociales encore à accomplir et la corruption à combattre. Plus importantes seront les tractations intenses qui auront lieu en vue de son entrée dans l’OTAN.

Le gouvernement grec, qui a été forcé par l’attitude maladroite des officiels de Skopje à durcir sa position, joue sa crédibilité interne et externe. Avec une majorité de 152 députés dont plusieurs proviennent des régions macédoniennes grecques et l’engagement public de poser son véto, il a peu d’espace pour agir.

Les Grecs ont raté une occasion de régler le problème, il y a plusieurs années. Le gouvernement de Skopje est en train de rater une autre occasion. Les provocations de Skopje sont totalement inutiles, d’autant plus que les coulisses de la diplomatie internationale semblent lui être beaucoup plus favorables qu’en 1992, y compris au niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Pour ma part, j’estime que chaque communauté doit sauvegarder ses profondes convictions. Mais chaque partie doit, avant de mettre en avant ses points de vue de manière pouvant accentuer les tensions, regarder le point de vue de l’autre.

23.10.2007

Le Projet d'Union méditerranéenne

LE PROJET D’UNION MEDITERRANEENNE OU LE JOUJOU DU PRESIDENT

Au moment où le président Sarkozy rencontrait le Commandeur des croyants, un distingué journaliste grec du journal To Vima  traitait précisément de ce projet. Il attirait l’attention des lecteurs, à juste titre me semble-t-il,  sur les dangers potentiels d’une improbable entité.

On sait que la politique extérieure du président français est construite autour des deux piliers prioritaires : l’Union européenne et son projet nébuleux d’une Union méditerranéenne. Certes, il s’agit dans son esprit d’une sorte de marché commun pour   la Méditerranée , sorte de trait entre l’Union européenne et la rive orientale de cette Mer source inégalée de civilisation.

Je peux comprendre qu’à court terme, s’accaparer d’un investissement de deux milliards à travers plusieurs contrats civils et militaires est une bonne chose pour la France.

Et si sa Majesté n’a pas de majorettes pour recevoir son hôte, il a fait le nécessaire pour qu’une foule colorée enjolive le chemin depuis l’'aéroport de Marrakech  jusqu’au Palais royal en évitant les bidonvilles.

Ceux qui ont suivi un peu la politique savent, peut-être, que ce qu’on a appelé « le processus de Barcelone », lancé en 1995 entre l'Union européenne et  dix pays riverains de la Méditerranée n’a pas fait long feu.  Peu importe. La « France européenne et méditerranéenne à la fois" prendra l'initaitive de reparer le jouet. Il aura son propre marché commun, pense-t-il.

Mais qu’on ne se trompe pas d’enjeu. La France ne peut faire seule cette Union. Elle a besoin, notamment de l’Italie, de l’Espagne, de Chypre et de la Grèce. Cinq pays qui respectent, globalement, les droits de l’homme, sont gouvernés par des régimes démocratiques et appartiennent à l’Union européenne.

C’est la partie occidentale de la Méditerranée.

Qu’avons-nous en face ? La Libye , l’Algérie, la Tunisie , l’Egypte, la Syrie. Aucun de ces pays  n’est dirigé par des démocrates et leurs peuples souffrent. La Turquie est toujours  en apprentissage de la démocratie et son chemin est encore long. Le Liban est exsangue et Israël n’est pas suffisant comme interlocuteur.

C’est la partie orientale de la Méditerranée

Si c’est exact que la  corruption est plus forte là où il y a des dictatures, on  ne s’étonnera pas que ces pays ont une corruption endémique.

Le Parlement français aurait pu, au moins, profitant de cette visite au Maroc et de ce projet d’Union méditerranéenne, suggérer  au gouvernement marocain- et pas seulement- de ratifier la  Convention des Nations Unies et de mettre en place une agence de lutte contre la corruption.  Car la corruption est tellement  répandue, tellement “démocratisée”, qu’elle obstrue  le progrès économique, l’amélioration du niveau de vie, la liberté des médias, l’indépendance des tribunaux Elle empêche la démocratie. Par contre, elle sert de terreau à toutes les frustrations et colères.

Dans ces conditions, on peut se poser légitimement la question: combien de ces deux milliards passeront sous la table de chaque coté de la Méditerranée  ? Quels seront les contrôles ?

Tous ces pays ne sont pas seulement des destinations pour touristes, mais des terres où vivent des personnes qui aspirent à la liberté et à une vie meilleure, simplement, comme chacun d’entre nous. On ne se bat pas quand on a le ventre plein et un toit. On philosophe.

Se livrer uniquement à un hommage appuyé de la politique de réformes menée par le Roi , c’est manquer de perspective. Telle fut la solution choisie par l’Elysée. A moins de considérer que les régimes mis en place, dans plusieurs pays arabes nous arrangent, nous européens. Comme des antennes sales et éloignées, mais qui permettent à nos GSM de luxe de fonctionner.  Cette visite au Maroc et ce projet d’une Union méditerranéenne doit nous inciter à nous poser la question : dans quelle mesure  sommes- nous responsables du maintien en place des élites arabes si peu démocratiques ?

Sans nous culpabiliser et sans angélisme, mais sans nous tromper de politique. La paix n’est pas un jeu à court terme et la Méditerranée n’est pas en Amérique.

22.10.2007

JUSTE POUR SOURIRE

Dans le jardin des mots belges

Il y a tellement de choses sérieuses à dire que, de temps à autre, il fait bon de rire, surtout si le rire n’est pas basé sur la volonté de blesser. Ainsi dans ce pays qui est  le mien autant que la Grèce , mon pays d’origine, 103 jours sans gouvernement permettent aux citoyens de réfléchir aux choses de la vie. Lorsqu’un pays a un gouvernement, il semble que le  peuple ne ressente pas ce besoin, puisque ses gouvernants  réfléchissent  pour lui et décident pour lui. Nos amis français en savent quelque chose.

Pour bien nous comprendre, francophones belges, luxembourgeois, français, suisses et canadiens, je vous invite à étudier les quatre choses à savoir sur le Belge. Ce n’est pas destiné tellement aux Français qui aiment en rire, mais aux Belges qui aiment se prendre pour un Français. D’ailleurs si certains Belges ont fait fortune en France c’est parce qu’ils ont acheté un Français au prix qu’il valait et l’ont revendu au prix qu’il s’estimait. Et encore, ils étaient simplement universitaires et pas Enarques.

Allez ….une fois, tout ça ce n’est pas bien méchant, mérite bien un sourire et permet de commencer une semaine  qu’on aimerait agréable pour tous.

Les 4 choses à savoir sur le "Belge".

1. Les indispensables septante et nonante.

70 = septante

90 = nonante

C'est simple, clair et net... et grammaticalement plus correct que les ersatz du type quatre-vingt-dix ou soixante quatorze... Ceci ne souffre aucune discussion. D'ailleurs, pour faire un parallélisme avec d'autres langues, en anglais, 70 se dit seventy et pas sixty-ten.

2. L'accent

L'accent, ou plutôt les accents... car en Belgique, il y a autant d'accents que de villages. Vous n'êtes pas obligés de prendre l'accent pour converser avec un Belge. Il  n'est pas Chinois et vous pouvez être sûrs qu'il comprendra votre français de Marseille, Strasbourg ou Laval et même de  suisse. Il sait même comprendre le vrai sens des affiches électorales suisses avec le mouton blanc et le mouton noir.

Quelques dialectes:

* le liéééééégeois (Liège)

* le namuuuurois (Namur), proche de l'accent suisse du Valais

* le tournaisieeeennn (Tournai), proche du Picard

* le brusselaire : l'accent bruxellois est le plus connu et le plus     (mal) imité :    Alllleï, dis, fieu!

Pour parfaitement l'imiter, il faut se mettre dans la peau du personnage, càd avoir une grande gueule et faire son malin. En bref, il faut être un gars de la capitale.  D'ailleurs, n'oubliez pas le dicton: Parisien, tête de chien, Bruxellois, même combat.

De plus, le vrai Bruxellois utilise 50% de mots français et 50% de mots "flamands" ou flamandisés juste pour faire bien.

Ex: Ah, fieu waar heb je de velo gelaisseerd? Ah, ja, in de camionnette!

Traduction: Eh bien, mec, ou as-tu laissé le vélo ? Ah, oui, dans la camionnette!  

3. Avoir une bonne prononciation

Un bon conseil: bossez un sérieux coup .   La seule façon   d'apprendre, c'est d'écouter!

Quelques exemples:

- Bruxelles, se prononce Brusselle (et pas Brukselle)

- Anvers, se prononce Anverssss (et pas En Vert, le "S" est là, alors il  faut l'utiliser)

- Rembrandt se prononce   "   R   (èm)  bra   n  (comme Anne)  dt    (et pas Rang Bran)

- Le célèbre W : en France, on préfère le prononcer (erronément!) comme un simple V   (on n'est pas en Allemagne). En Belgique, on préférera le prononcer "ouhé "

Ex: wagon: ouhagon - huit: ouhit - BMW se dit Bé   èm Wé - idem pour un VW

et les WC. (qui me rappelle: "aller à la toilette" et "non aux     toilettes" : une à la fois, s'il-te-plaît bien!)

- Les noms flamands : à apprendre au cas par cas. Mais, en tout cas oubliez la prononciation française!!!!

Ex: Maastricht: le ch ne se prononce par "ch", ni "k", mais  ch gutural.    

4. Les spécialités régionales

Vous ne trouverez jamais d'endives blanches et pointues en Belgique, mais des chicons.

Vous mangez peut être des sandwichs, mais aussi des pistolets. Ces derniers n’ont absolument pas la forme d’un pistolet et ne sont pas dangereux. On n’est pas en Amérique. Si vous voulez manger des petits pains aux raisins,  commandez  des couques aux raisins; pas de chaussons aux pommes, mais des gosettes. Par contre vous commandez un pain français à la place d’une baguette. Ca doit être un refoulement psychologique. Manger un …Français, qui pour être tellement grand voisin n’arrête pas de rire de lui, petit belge. Ah  complexes, complexes….

On déjeune le matin, on dîne à midi et on soupe le soir. Avant d’inviter votre copine réfléchissez bien  si vous voulez déjeuner. Mieux vaut fixer l’heure pour être sûr. A moins que vous vouliez utiliser ce malentendu comme prétexte pour la laisser en planque. Ca c’est méchant surtout si elle croit que vous avez un buntje pour elle.

En Belgique, on "preste" des heures de travail ou un service et on peste en rentrant à la maison.

Et on aime aller à la kermesse (fête du village),  manger des caricoles (des espèces d'escargots de mer). Nos politiciens des régions plus rurales consomment une quantité insoupçonnable de boudins, mais, là, je pense que leurs collègues français en font autant. Il faudrait bien qu’un jour l’Europe organise un sondage pour savoir ce que mangent et en quelle quantité nos politiciens pendant la campagne électorale.

On va s'acheter un cornet de frites à la friture. Et si vous croisez des friteries ce sont soit des français immigrés, soit des belges complexés, qui ont changé leur enseigne parce qu'un crétin leur avait dit que friture n'était pas français !  Et si votre amoureux vous demande si vous voulez des fritekes ce qu’il est bien belge d’origine, mélange probable de parents flamands et wallons (s.v.p  je rappelle qu’i ne faut pas prononcer Valons ni vavre pour Wavre). Il veut simplement lui offrir des petites frites.

Et encore: En Belgique on tire son plan (se débrouiller), même quand on ne sait pas   son  chemin (lorsqu’ on est  à court d'idées). On boit des pils (bières), en demi ( 0.25 litres et non 0.5 l ).

On s'essuie les mains avec des essuies (serviettes).

On attend famille quand on est enceinte (enfin les femmes en tout cas; les hommes c'est plus grave), et les portes s'ouvrent avec des clinches.

Et "à tantôt" signifie à tout à l'heure (et ne fait pas référence à un moment passé, ni à l'après-midi !).

On utilise les torchons (serpillières), voire les « loques à r'loqu'ter » (loque à reloqueter,     mais l'expression tend à disparaître sauf chez des vrais bruxellois) pour nettoyer par terre et non pour essuyer la vaisselle.

Pour nous, un crayon est toujours en bois avec une mine en graphite (...et jamais un crayon à papier!). En effet, les "bics" sont des stylos  à   billes et un stylo, un porte-plume.

Nous aussi, on sait qu'on est les meilleurs. Mais nous, on préfère faire semblant que non,  pour que personne ne s'en doute...

A force de faire semblant, on est sans gouvernement depuis 103 jours, mais comme on n’est pas en France tout fonctionne normalement. Ca montre bien que nous sommes les meilleurs.

Et ce n'est pas des carabistouilles

LA TURQUIE DANS LA TOURMENTE

LA TURQUIE DANS LA TOURMENTE

Ceux qui étaient dans une des artères principales de Bruxelles hier soir vers 23h auraient pu voir manifester des Turcs de Bruxelles. C’était une manifestation spontanée, comme d’autres dans plusieurs villes de la Turquie.  La nouvelle d’une   attaque menée par des membres du Parti des travailleurs du Kurdistan venait de tomber quelques heures auparavant. Une trentaine de combattants  kurdes et douze soldats turcs venaient d’être  tués et une quinzaine furent blessés à l’occasion d’une embuscade,  près de la frontière. Début octobre, une quinzaine d’autres soldats turcs avaient été tués.

On se rappellera que le 17 octobre le Parlement turc avait donné l’autorisation au gouvernement à utiliser l’armée quand il lui paraîtrait nécessaire et entrer dans le territoire irakien. En vérité, depuis le mois de juin jusqu’à aujourd’hui, près de 60000 soldats turcs sont prêts à intervenir. L’attaque de ce dimanche tomba, comme par provocation supplémentaire, en plein referendum constitutionnel relatif à l’élection au suffrage universel des futurs présidents de la République.

La réunion de crise dimanche soir à Ankara, sous la présidence de Mr Abdullah Gül, président de la Turquie , réunissait le  Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et le chef de l'armée, le général Yasar Büyükanit, pendant que le ministre de la défense était à Kiev.

Sans doute la riposte turque ne se fera pas sans des entretiens préalables avec les Américains et sans essayer de calculer les fameux « dommages collatéraux », c'est-à-dire le nombre possible des victimes civiles et les conséquences …financières et pétrolières.

Quant à l’Irak, autre allié des Américains, la condamnation de la menace de l’incursion turque et son refus de capturer et de livrer les chefs du PKK aux Turcs ont  été mal accueillis par la Turquie.

Il est vrai que le président irakien Jalal Talabani   avait la formule qui fâche : "Remettre les chefs du PKK à la Turquie est un fantasme qui ne se réalisera jamais".  On peut presque comprendre la formule tout aussi peu politique du  Premier ministre Recep Tayyip Erdogan : « Notre colère et notre haine sont grandes ».

La Turquie se trouve plus vite que prévu dans une situation délicate. D’abord, évidemment, pour des raisons internes. Ensuite, parce que les relations avec les Américains ne sont pas au beau fixe à cause de la …presque reconnaissance du génocide arménien et  ses relations avec l’Irak se trouvent en voie de forte détérioration. En outre, le Kurdistan se développe grâce aux …mêmes alliés américains et que les militaires Turcs  rêvent d’envahir.

Cette situation trouble les plans des Américains car la fragilisation supplémentaire de cette partie de l’Irak risque de rendre  le pays totalement incontrôlable. Quant aux Européens, ils sont inquiets non seulement à cause de cette situation pour laquelle ils n’ont pas de position commune, mais aussi à cause de la probable flambée du pétrole. Les spéculations qui suivront une éventuelle escalade militaire, sous la pression du peuple turc, mettront en difficulté l’économie européenne et par conséquent un nombre important  des ménages.

 

Cette situation doit également nous faire réfléchir sur l’étendue que nous voulons donner à l’Union européenne et à ses frontières extérieures.

19.10.2007

A quoi joue la Confédération européenne des syndicats?

A QUOI JOUE LA CONFEDERATION EUROPEENNE DES SYNDICATS ?

A l’occasion des sommets européens et avant la grande messe qui réunit les chefs d’Etat ou de Gouvernement, le Président en exercice, aujourd’hui Socrates, non pas le philosophe grec mais le premier ministre portugais, reçoit les partenaires sociaux européens. C’est ce qu’on appelle le Sommet social tripartite. Il s’agit des grands  employeurs(BusinessEurope), des  petites et moyennes et entreprises et des entreprises publiques d’une part et des syndicats au niveau européen(CES) d’autre part qui se réunissent avec le Président du Conseil européen, de la Commission et les futurs présidents du Conseil européen.

Que le patronat défende ses positions c’est tout à fait légitime. Mais que la CES se limite à avaliser des points de vue exprimés par le patronat, me laisse perplexe. Son secrétaire général est un homme charmant, mais il a du syndicalisme une conception anglaise qui le limite à un rôle de représentation. Ce n’est pas la conception qu’a l’Europe continentale du dialogue social.

Ainsi il semble normal à la CES de cosigner avec le patronat un document sur la flexicurité, une notion qui devrait être bannie du vocabulaire de l’Europe sociale.

On ne peut pas ne pas apercevoir, dans les différents communiqués de la CES , un  malaise.

«  La CES reconnaît que les entreprises et les travailleurs ont besoin à la fois de flexibilité et de sécurité. Toutefois, la forme de flexicurité que propose la Commission , est déséquilibrée. En prenant les contrats flexibles et les licenciements facilités comme principes majeurs, elle mine la stabilité des emplois et déplace l’équilibre des forces vers les entreprises. Dans sa résolution, la CES demande aux décideurs européens d’établir un agenda politique qui encourage la flexicurité interne et la qualité des emplois » (communique de ce 18 octobre).

En même temps, comme pour se gifler elle-même,   la CES renvoie à l’ « analyse commune des partenaires sociaux ».

Celle-ci écrite  uniquement en anglais(*) et en particulier les pages 52 et 53 me font penser qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond au sein de la CES. J ’aimerais savoir qui, du coté des travailleurs européens syndiqués, est au courant ou a participé à cette brochure que ce soit la CFDT , la FGTB de la Belgique , la CGT grecque, ou les Luxembourgeois ou une autre organisation nationale. Il est anormal que des documents aussi importants soient dans une seule langue.

C’est un peu court - que de dire avec les employeurs, sans plus, que les directives adoptées en 1997 sur le temps partiel, sur le travail à durée déterminée(1999) ou sur le congé parental (1995) ont été prises en « vue de contribuer à une meilleure balance entre la flexibilité et la sécurité » ? Les directives de 1997 ne concernent que la « flexibilité du temps de travail » en vue d’assurer « la suppression des discriminations qui frappaient ces travailleurs »(en grande partie des femmes). Quant au congé parental il n’a rien à faire avec la flexicurité, mais avec le respect de la charte des droits sociaux fondamentaux des travailleurs et le principe fondamental de l’égalité entre les hommes et les femmes, qui, lui, n’est pas flexible ! C’est une aberration de la part de la CES d’avoir souscrit à ce texte et c’est une irresponsabilité collective de la part de toutes les organisations syndicales affiliées de l’avoir autorisé.

D’autant plus qu’il est demandé au Conseil européen d’en tenir compte dans ses conclusions du mois de décembre. C’est bien cela que Monsieur Ernest-Antoine Seillière, Président du BusinessEurope (ancien président du MEDEF) a rappelé au premier ministre portugais dans sa lettre du 16 octobre 2007.

*Key challenges facing European labour markets: european Social partners joint analysis

18.10.2007

Pauvrété

Chômeurs, travailleurs pauvres et pauvres dans une Europe riche

A Paris, c’est évidemment la grève qui attire l’attention et ses conséquences. En Grèce la Chambre commence les discussions sur la sécurité sociale en ayant une approche néo- libérale, à l’instar des conceptions du gouvernement français.

En France c’est le divorce du Président, et en Grèce la méchante querelle entre les prétendants au siège du président du parti socialiste(Pasok) qui semblent intéresser nos citoyens.

Personne ne doute de l’importance de ses sujets, mais je voudrais m’attarder juste une minute aux pauvres de nos pays qui deviennent plus pauvres. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le Président de la république Hellénique (voir mon billet du 16 octobre).

Crise, quelle crise ? S’interroge avec raison l’hebdomadaire économique belge  « Test budget » qui conseille à ses abonnés comment mieux placer leur argent.

Bien sûr nous savons tous que le grand capitalisme, essentiellement financier, est plus que prospère et que les hauts organes de direction des grandes entreprises ont plus de pouvoir que tous les ministres réunis.

La politique, la plupart du temps se contente de gérer et non pas de prévoir pour le long terme,  ce qui est de l’essence même de la politique. Depuis bien longtemps, les politiciens ont abandonné le long terme, gouverner et prévoir, au profit du court terme, c'est-à-dire leur propre réélection.

Les énormes bénéfices des grandes entreprises, non seulement ne vont renforcer le tissu économique et social, mais augmentent le nombre des chômeurs- habituel premier résultat de toute fusion- et des travailleurs pauvres, par pression constante sur les salaires sous prétexte de concurrence.

Flexibilité, employabilité, flexicurité, nouvelles formes de travail frappent les plus faibles et notamment les femmes.

Au niveau de l’Union européenne, la responsabilité est à la fois nationale et européenne.

Je crains que le nouveau traité qui est destiné à remplacer le défunt traité constitutionnel n’apporte aucune amélioration en ce qui concerne ces travailleurs.

Chômeurs, travailleurs pauvres et pauvres, qui touchent moins de 800 euros par mois  forment une masse extraordinairement compacte qui, malheureusement pour elle, ignore sa puissance électorale et politique. Empêcher la population européenne –par référendum commun le même jour- de s’exprimer sur un traité cousu et recousu par des experts est une nouvelle  claque aux citoyens et une bombe à retardement pour la construction européenne. C’est à cela que nous invite à assister le Conseil européen de cet après midi à Lisbonne. On se partage les sièges, mais on ne se préoccupe pas des citoyens. Il y a un problème majeur qui est en train de se créer.

Certes, dans le monde les pauvres ne sont pas partout les mêmes. 854 millions d’êtres humains souffrent de la misère la plus profonde  et l’Europe-mais pas seule - doit apporter son aide, ce qu’elle fait partiellement. Il faut savoir que 10% des plus riches contrôlent les 85% de la richesse mondiale, alors que les 50% des plus pauvres possèdent 1% de cette richesse mondiale.

Mais je ne peux ignorer aussi nos propres pauvres dans l’Europe des 27  dont leur vie est conditionnée par la spéculation financière ou les mouvements géopolitiques.

Ainsi l’exemple le plus frappant est la situation turco-kurde qui conduit le baril du pétrole vers les 90 euros. Or, l’Irak du Nord ne produit qu’à peine 500000 barils alors que la production mondiale est de l’ordre de 85 millions de barils par jour.

La spéculation financière joue sur cette peur psychologique mais aggrave le budget familial. Ainsi plusieurs familles en Grèce empruntent déjà pour acheter le mazout dont ils aront besoin.

Rien ne dit que la France comme la Grèce et d’autres pays de l’Union  ne devront déclencher un mécanisme d’octroi des bons de chauffage aux plus démunis. Ainsi une querelle turque avec les kurdes a une influence sur le prix du pétrole qui, par le biais de la spéculation, frappe de plein fouet plusieurs milliers des familles.

C’est en ce sens que je disais que les politiciens ne gouvernent pas mais gèrent : ils gèrent un passif social dont ils ne contrôlent plus les tenants et aboutissants. N’est pas là un échec terrible de la Politique  ?

16.10.2007

GRECE

REFORMES SOCIALES. UN DISCOURS GREC A MEDITER

Il y a eu hier 15 octobre, la rencontre à haut niveau des Comités économiques et sociaux de la zone euro-méditerranéenne.  Les CES  représentent toute une série d’intérêts professionnels et où on retrouve les partenaires sociaux.

A l’occasion de cette réunion le Président de la république hellénique a présenté quelques mots de bienvenue. C’est tout à fait habituel, à l’occasion de grands événements qui ont lieu en Grèce. Certes, le Président de la république hellénique n’a pas les compétences du président de la république française. Au-delà des compétences que lui attribue la Constitution , il a un rôle moral. De ce point de vue la Grèce a eu la bonne fortune d’avoir des Présidents de grand format moral.  Karolos Papoulias, l’actuel Président, appartient à cette catégorie d’hommes d’Etat.

Si j’en parle c’est parce que son intervention était centrée autour de la réforme de la sécurité sociale qui, comme en France, va bouleverser la vie de plusieurs milliers de personnes.

Je vous livre plus ou moins fidèlement ce qu’il a dit.

« Les citoyens de l’Europe et de la Méditerranée   sont inquiets pour l’avenir du travail et de la sécurité sociale et luttent pour la justice sociale. C’est un fait qu’aucune stratégie de développement ne peut être efficace si elle ne place pas l’homme à son centre. Cela signifie que cette stratégie doit avoir comme point de  départ le principe de la protection des faibles   et l’acceptation que le fonctionnement du marché ne peut être l’unique facteur de régulation. (….).

Evoquant le rôle des Comités économiques et sociaux, il continue :

« On observe sur le plan international,  le phénomène des entreprises gigantesques avec une progression fulgurante de leurs gains qui procèdent à une réduction drastique de leur personnel. Tant que les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres, tant augmentera le danger pour la cohésion  du tissu social ; Ces pensées sont liées avec nos interrogations en Grèce aujourd’hui. La richesse augmente et donc il faut qu’il existe la possibilité (…) d’un partage plus juste de sorte qu’on puisse satisfaire la demande raisonnable d’un revenu garanti pour tous et des pensions dignes.

Le chômage et en particulier le chômage des jeunes est notre ennemi commun. La pauvreté et la mise à l’écart des groupes sociaux est notre danger commun. Aucune société ne peut  réellement prospérer, lorsqu’ il existe des inégalités sociales explosives qui dynamitent la cohésion sociale ».

Ces mots ne sortent pas de la bouche d’une quelconque personne qu’on aura vite fait de la cataloguer comme gauchiste, ni même d’un philosophe en mal de télévision. C’est un homme d’Etat d’un gouvernement de droite. Malheureusement le site de la Présidence est en grec de sorte  que peu de personnes non grecques y ont accès.

Je pensais que ceci pourrait être intéressant  pour chacun de mes amis français  et européens dont leur gouvernement s’apprête à attaquer les systèmes sociaux, en mettant en danger , durablement, la cohésion sociale.

 

 

15.10.2007

Enironnement,blogs et Commission européenne

L’ENVIRONNEMENT, LES  BLOGGEURS ET LA COMMISSION EUROPEENNE

 

 

 

Un politicien, en général, doit communiquer tout ce qu’il fait ou dit (quand ça l’arrange évidemment). Ainsi tel politique attendra faire ou dire en fonction de l’heure du journal télévisé. D’autres politiciens ont  avec eux une liste avec les dates ou journées internationales consacrées à tel ou tel événement. Et ils demandent à leurs collaborateurs de leur préparer un « message » destiné à leur public. La communication a pris le pas sur le fond.  Ce n’est pas tellement le sujet qui compte, mais l’annonce.

 

Les institutions nationales et internationales sont championnes pour instituer de telles journées. Nous avons ainsi des journées, à la manière de la St Valentin , consacrées aux pauvres, aux femmes, aux animaux, aux migrants et toutes celles que chacun connaît. La conscience sociale est sauve. Imagineriez vous qu’on vous aime seulement le 14 février, le 45e jour de l'année, et chercher pendant les  320 jours restant si vous êtes aimé ?

 

Aujourd’hui 15 octobre les bloggeurs du monde entier sont supposés prendre la plume pour indiquer leur point de vue sur l’environnement. En soi c’est une bonne chose, d’autant plus que ces bloggeurs sont sensibilisés.

 

Le membre grec de la Commission européenne, Stavros Dimas, « chatte » cet après midi avec tous ceux qui sont intéressés.

 

La Commission européenne voulant coller à l’actualité  est favorable à ce que les Commissaires puissent avoir leur blog. La première qui utilisa le blog fut la jolie et compétente commissaire suédoise Margot Wallström.

 

Je voudrais cependant faire deux observations.

 

La première concerne la nature des blogs. Il me semble que ce moyen est fait pour permettre le dialogue. Le bloggeur s’expose à la critique pour tout ce qu’il écrit. Les blogs qui se contentent de recevoir des commentaires sans jamais répondre à ces commentaires s’apparente à un monologue. Pire, à une propagande(ou promotion, comme on dit aujourd’hui). En ce qui concerne les blogs des Commissaires européens, qui disposent tous d’un cabinet, d’un responsable web et d’un service compétent qui les secondent, il me paraît peu respectueux à l’égard des citoyens de ne pas répondre aux commentaires.

 

A moins qu’il faille instaurer une journée consacrée au citoyen européen.

 

En ce qui concerne le résultat de chat d’aujourd’hui, j’aimerais croire que le Commissaire responsable de l’environnement fera évaluer les réponses et informera ses collègues. Comme les décisions de la Commission sont collégiales, il faut que les autres 26 membres du Collège soient d’accord avec les propositions du Commissaire grec. Or, face à lui un commissaire allemand chargé de défendre les industries, ne semble pas être un fan de l’environnement. Et il peut bloquer les envies environnementales et sociales de ses collègues. Un « chat » qui se fait pour le plaisir de « chatter » est bien sûr agréable mais politiquement inutile s’il n’est pas suivi d’effet.

 

La deuxième remarque concerne la langue. Tous les blogs des Commissaires sont en anglais. A qui s’adressent-ils ? Croit on vraiment que tous les travailleurs, pour ne prendre qu’eux, comprennent l’anglais ? Et à partir du moment où on utilise les moyens de la Commission européenne, il y a lieu de rappeler que les langues de travail de la Commission sont aussi bien l’anglais, le français et l’allemand. Là, je crois que la France commet une grave erreur car la langue n’est pas seulement un outil de communication mais un moyen politique et un élément discriminant.

 

 

 

12.10.2007

LA TURQUIE ET L'EUROPE

LES PROBLEMES TURCS, L’EUROPE ET L’AMERIQUE

Il fallait s’attendre à ce que le paysage turc rentre dans le brouillard. Premiers responsables, les gouvernements successifs de la Turquie.

A force de se soumettre aux desiderata des ses alliés américains, ces derniers les ont vraiment pris pour des vassaux. Voilà qu’ils veulent envahir le territoire kurde, sans l’autorisation américaine. Les stratèges américains les rappellent à l’ordre car une telle intervention risquerait d’ébranler cette partie de l’Irak plus ou moins stabilisée et deviendraient partie prenante d’un nouveau conflit. D’ailleurs Xavier Solana, est intervenu aussi dans ce sens au nom de l’Union européenne.

D’autre part les militaires turcs voudraient bien rappeler aux politiciens qu’ils sont présents sur la scène politique interne. Une intervention chez les Kurdes, apparemment à issue victorieuse avec très peu de pertes, rehausserait le prestige de ces faucons turcs, ombres du pouvoir en place depuis trop longtemps. Mais même s’ils ne doivent pas étendre outre mesure leur intervention dans le territoire irakien, ils devront intervenir. Il y va maintenant de leur crédibilité.

Il ne faut pas essayer de comprendre la Turquie avec nos critères occidentaux, ni se gargariser avec la soi disant laïcité de l’Etat turc, ni surtout la comparer avec la laïcité française. Ayant un doigt d’un pied en Europe et le reste du corps en Anatolie, en Orient, le pays vit sous deux monothéismes. Le premier est le Kémalisme, saint patron des militaires et d’une caste sociale et politique moderne sinon cosmopolite. Autour des militaires, en particulier des haut gradés, toute une série de coopératives avec des fonds importants. Le corps de l’armée , lui , est plus ou moins de structure orientale avec cette particularité qu’on trouve dans  les frontières turques des « gardiens » sous l’ordre de ce qu’on pourrait appeler un chef de tribu, ou chef local de guerre.  

Le deuxième monothéisme est évidemment l’Islam. Celui qui, à travers une multitude d’associations, est proche des laissés pour compte de la société turque. La démocratie turque est égale à sa corruption. Elle se trouve au même niveau que la corruption bulgare ou croate selon le dernier rapport de Transparency International. Il s’en suit que les plus faibles de la société turque paient les frais, mais en même temps cela provoque des grandes frustrations. D’autant plus fortes que c’est un pays avec une population très jeune et très peu formée et donc avec peu de débouchés. L’Islam peut être un réconfort mais peut aussi être dévié de sa raison d’être.

Dans ce contexte, les reformes constitutionnelles annoncées et la libéralisation du port du foulard prendront une autre dimension.

Au mois de novembre Olie Rehn, le membre finlandais de la Commission européenne présentera officiellement le Rapport sur les avancées turques (et des autres pays candidats) en vue de son adhésion.

J’y reviendrai lorsqu’il sera publié pour discuter de cette question sensible.

Enfin, nous avons tous suivi la remise à l’ordre du jour de la reconnaissance du génocide arménien par la Commission des Affaires Extérieures du Congrès américain. Qu’on ne se trompe pas. Cette reconnaissance est moins un signe de justice à l’égard des Arméniens qu’un signal à l’égard de l’administration Bush.

Bien sûr la réaction nationale turque fut immédiate et procéda au rappel de son ambassadeur pour des entretiens. Mais les discours des politiciens peuvent constituer ce qu’on appelle, dans les couloirs et vulgairement, des pièges à con. C’est avec beaucoup d’aplomb que le nouveau Président turc, Mr Abdulah Giul, déclara que les Turcs ne peuvent accepter une accusation pour un crime que n’a jamais été commis par la nation turque. Je reviendrai sur ce génocide exécuté par les Turcs, regardé avec passivité par les grandes puissances de l’époque. Mais ce chapitre doit être clôturé. La Turquie doit faire sa propre psychanalyse.

Tant que la Turquie n’a pas fait sa propre catharsis, elle n’est pas en mesure d’avoir une vraie démocratie. Et celle-ci ne peut lui être transmise sur un plateau par l’Union européenne. La démocratie s’acquière par ceux mêmes qui en ont besoin, et c’est eux qui la font murir, sinon ils marcheront toujours avec des béquilles.

Toutes les notes

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu