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26.10.2007

Macédoine et Grèce: Le bras de fer

MACEDOINE (FYROM) ET GRECE : LE BRAS DE FER

Depuis l’incident diplomatique qui a eu lieu aux Nations Unies (voir mon billet sur le sujet), politiciens de tous bords et presse nationale de chaque coté du fleuve Vardar ne cessent d’évoquer le conflit qui les oppose.

J’ai toujours considéré que la Grèce aurait pu avoir une politique différente avec ce petit pays. Par le jeu économique et par le jeu culturel. Même si le droit et l’Histoire  étaient de son coté. Ce n’est pas une question de droit, mais une question éminemment politique que la Grèce a mal réglé.

J’ai toujours considéré que l’ancien Président, ce vieux loup communiste Kiro Gligorov, a mieux agi que les politiciens grecs, Andreas Papandreou, Mitsotakis, Karamanlis et Karolos Papoulias, à l’époque ministre des Affaires Etrangères et actuellement président de la Grèce. De même la Nouvelle Démocratie , actuellement au pouvoir  recueille les fruits de sa politique lorsqu’elle était dans l’opposition. La politique étrangère n’est pas un enjeu électoral.

  Rappel du conflit

Le conflit porte sur le nom constitutionnel du pays : République de Macédoine. Les Grecs le contestent au motif qu’il cache des visions irrédentistes et des revendications ultérieures. Ils veulent que ce pays, pour accéder notamment dans l’Union européenne et l’OTAN, où ils ont un droit de veto, changent ce nom en y joignant un adjectif, genre « République slavo-macédonienne ».

Je peux comprendre qu’une telle nomination est impossible pour Skopje, puisque la grande minorité albanophone- peuple non slave- ferait imploser le pays.

Par contre une « République de Nouvelle Macédoine » pourrait être acceptée par les deux Gouvernements. Une telle nomination serait elle acceptée par les deux populations ? Rien n’est moins sûr. Une très grande majorité des Grecs ne veulent aucune nomination qui comporterait le nom Macédoine. Pour les Grecs la  « Macédoine est une et elle est  grecque ». Pour les habitants de FYROM   il n’est pas question d’un quelconque changement du nom constitutionnel.

Dans ces conditions….

Evidement les faucons du nationalisme et de l’extrême droite ne sont pas loin. Leurs slogans, placés comme solutions, « parlent » mieux aux citoyens que la discussion politique sereine, d’autant plus que ceux qui gèrent les affaires n’ont aucune envie de perdre leur mandat pour défendre l’intérêt à long terme de leur pays respectif. Le clergé non plus ne va as de main morte, sans oublier les maires et préfets (chez les Grecs, les préfets sont élus) des régions qui appartiennent à la Macédoine géographique (globalement tout ce qui est au dessus de Thessalonique) pour qui la question macédonienne est un outil électoral.

Il en va de même de l’autre coté.

Les provocations de Skopje

Cependant, Skopje pour des raisons qui ont à faire avec la complexité ethnique du pays a fait de la surenchère.

-L’attitude ironique et arrogante du ministre Antonio Milososki est probablement due à son inexpérience et à son jeune âge. La transition depuis les bars de Skopje et des bancs de l’Université à la politique a été trop rapide  pour pouvoir emmagasiner un peu de sagesse qu’apporte inéluctablement l’âge.

-La provocation totalement inutile de nommer l’aéroport de la capitale « Alexandre le Grec ».

-L’acte absolument inutile de présenter, sur le site officiel du gouvernement, son communiqué du 23 octobre 2007, pris à l’occasion de la célébration de la date du 23 octobre 1893, date de la création du Comité révolutionnaire, accompagné de l’étoile de Vergina .

Ceci apporte du moulin dans l’eau des Grecs qui voient, sans doute avec une certaine perspicacité, un lien admirablement tissé, bien qu’artificiel, entre Skopje d’aujourd’hui et la …Macédoine d’Aristote. L’étoile de Vergina est le symbole de la dynastie macédonienne. Ainsi, on laisse l’impression que depuis Philippe II et Alexandre le Grand jusqu’à maintenant il y a une continuité.  C’est oublier de dire que les slaves, notamment les slaves dragovites, sont arrivés dans les Balkans au 6e -7e siècle.

Ainsi le nom de l’aéroport, le nom constitutionnel et les Macédonian AirLines nous imprègnent de ce que ce pays est certainement la seule et « vraie » Macédoine.

Le rappel du 23 octobre 1893 fait le lien avec le réveil des nationalités du 19e siècle et la lutte contre l’empire ottoman. Mais c’est surtout pcq la première réunion du groupe révolutionnaire a eu lieu dans la maison d’ Ivan Hadji Nikolov à Thessalonique.

Ceci fait le lien avec ce que les romantiques, ou irrédentistes, appellent la « Macédoine Egéenne (Mer Egée). Dans ce même ordre d’idées la Turquie pourrait réclamer Thessalonique pcq c’est aussi le lieu de naissance de Mustafa Kemal (Ataturk) ou de  Bitola,  pcq il y  fit ses études à l'Académie militaire avant de prendre le commandement des Jeunes Turcs (1881-1938).

Enfin, il reste un élément plus subtil encore, qu’est la langue et donc les revendications minoritaires qui s’en suivent. Il existe même un parti qui a son siège dans le département grec de Florina (Lerin, en macédonien slave), département frontalier dont est distante de quelques kilomètres Bitola.  Ce parti dit en grec « Ouranio Toxo »(Arc en ciel , Rain bow, vino-zito), dont le but est de défendre les droits minoritaires des Macédoniens en Grèce a même eu gain de cause devant la Cour des droits de l’Homme à Strasbourg pour une affaire qui a commencé en 1995.  Ce sont les mots slaves vino-zito du titre de ce parti qui avaient déclenché des bagarres à Florina entre Grecs et les partisans de ce parti. Ces mots rappellent des souvenirs dramatiques de la guerre civile grecque qui a suivi la deuxième guerre mondiale. (pour plus de détails voir l’arrêt de la Cour du 20 octobre 2005 ((Recours N° 74989/01)

Ceci apporte du moulin dans l’eau des Grecs qui voient, sans doute avec une certaine perspicacité un lien admirablement tissé, bien qu’artificiel, entre Skopje d’aujourd’hui et la Macédoine d’Aristote dont le but final est la poursuite des revendications.

Bien évidemment cela peut nous paraître ridicule, comme nous paraît ridicule le conflit linguistique entre les francophones et les flamands de la Belgique. Mais cela l’est moins quand l’Histoire sert la politique.

L’immédiat

Le 1er novembre, le négociateur de l’ONU Matthew Nimitz rencontrera les deux parties pour une ultime( ?) réunion. J’ai une seule certitude : que ce conflit constitue une bonne source de revenus pour ce distingué monsieur car il le …gère depuis 1994.

Le 6 novembre la Commission livrera son rapport annuel sur les progrès accomplis par Skopje en vue de son adhésion à l’Union européenne. Il n’y aura rien de particulier dans ce rapport qui, tout en faisant l’éloge des avancées économiques, il mettra l’accent sur les reformes sociales encore à accomplir et la corruption à combattre. Plus importantes seront les tractations intenses qui auront lieu en vue de son entrée dans l’OTAN.

Le gouvernement grec, qui a été forcé par l’attitude maladroite des officiels de Skopje à durcir sa position, joue sa crédibilité interne et externe. Avec une majorité de 152 députés dont plusieurs proviennent des régions macédoniennes grecques et l’engagement public de poser son véto, il a peu d’espace pour agir.

Les Grecs ont raté une occasion de régler le problème, il y a plusieurs années. Le gouvernement de Skopje est en train de rater une autre occasion. Les provocations de Skopje sont totalement inutiles, d’autant plus que les coulisses de la diplomatie internationale semblent lui être beaucoup plus favorables qu’en 1992, y compris au niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Pour ma part, j’estime que chaque communauté doit sauvegarder ses profondes convictions. Mais chaque partie doit, avant de mettre en avant ses points de vue de manière pouvant accentuer les tensions, regarder le point de vue de l’autre.

22.10.2007

LA TURQUIE DANS LA TOURMENTE

LA TURQUIE DANS LA TOURMENTE

Ceux qui étaient dans une des artères principales de Bruxelles hier soir vers 23h auraient pu voir manifester des Turcs de Bruxelles. C’était une manifestation spontanée, comme d’autres dans plusieurs villes de la Turquie.  La nouvelle d’une   attaque menée par des membres du Parti des travailleurs du Kurdistan venait de tomber quelques heures auparavant. Une trentaine de combattants  kurdes et douze soldats turcs venaient d’être  tués et une quinzaine furent blessés à l’occasion d’une embuscade,  près de la frontière. Début octobre, une quinzaine d’autres soldats turcs avaient été tués.

On se rappellera que le 17 octobre le Parlement turc avait donné l’autorisation au gouvernement à utiliser l’armée quand il lui paraîtrait nécessaire et entrer dans le territoire irakien. En vérité, depuis le mois de juin jusqu’à aujourd’hui, près de 60000 soldats turcs sont prêts à intervenir. L’attaque de ce dimanche tomba, comme par provocation supplémentaire, en plein referendum constitutionnel relatif à l’élection au suffrage universel des futurs présidents de la République.

La réunion de crise dimanche soir à Ankara, sous la présidence de Mr Abdullah Gül, président de la Turquie , réunissait le  Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et le chef de l'armée, le général Yasar Büyükanit, pendant que le ministre de la défense était à Kiev.

Sans doute la riposte turque ne se fera pas sans des entretiens préalables avec les Américains et sans essayer de calculer les fameux « dommages collatéraux », c'est-à-dire le nombre possible des victimes civiles et les conséquences …financières et pétrolières.

Quant à l’Irak, autre allié des Américains, la condamnation de la menace de l’incursion turque et son refus de capturer et de livrer les chefs du PKK aux Turcs ont  été mal accueillis par la Turquie.

Il est vrai que le président irakien Jalal Talabani   avait la formule qui fâche : "Remettre les chefs du PKK à la Turquie est un fantasme qui ne se réalisera jamais".  On peut presque comprendre la formule tout aussi peu politique du  Premier ministre Recep Tayyip Erdogan : « Notre colère et notre haine sont grandes ».

La Turquie se trouve plus vite que prévu dans une situation délicate. D’abord, évidemment, pour des raisons internes. Ensuite, parce que les relations avec les Américains ne sont pas au beau fixe à cause de la …presque reconnaissance du génocide arménien et  ses relations avec l’Irak se trouvent en voie de forte détérioration. En outre, le Kurdistan se développe grâce aux …mêmes alliés américains et que les militaires Turcs  rêvent d’envahir.

Cette situation trouble les plans des Américains car la fragilisation supplémentaire de cette partie de l’Irak risque de rendre  le pays totalement incontrôlable. Quant aux Européens, ils sont inquiets non seulement à cause de cette situation pour laquelle ils n’ont pas de position commune, mais aussi à cause de la probable flambée du pétrole. Les spéculations qui suivront une éventuelle escalade militaire, sous la pression du peuple turc, mettront en difficulté l’économie européenne et par conséquent un nombre important  des ménages.

 

Cette situation doit également nous faire réfléchir sur l’étendue que nous voulons donner à l’Union européenne et à ses frontières extérieures.

19.10.2007

A quoi joue la Confédération européenne des syndicats?

A QUOI JOUE LA CONFEDERATION EUROPEENNE DES SYNDICATS ?

A l’occasion des sommets européens et avant la grande messe qui réunit les chefs d’Etat ou de Gouvernement, le Président en exercice, aujourd’hui Socrates, non pas le philosophe grec mais le premier ministre portugais, reçoit les partenaires sociaux européens. C’est ce qu’on appelle le Sommet social tripartite. Il s’agit des grands  employeurs(BusinessEurope), des  petites et moyennes et entreprises et des entreprises publiques d’une part et des syndicats au niveau européen(CES) d’autre part qui se réunissent avec le Président du Conseil européen, de la Commission et les futurs présidents du Conseil européen.

Que le patronat défende ses positions c’est tout à fait légitime. Mais que la CES se limite à avaliser des points de vue exprimés par le patronat, me laisse perplexe. Son secrétaire général est un homme charmant, mais il a du syndicalisme une conception anglaise qui le limite à un rôle de représentation. Ce n’est pas la conception qu’a l’Europe continentale du dialogue social.

Ainsi il semble normal à la CES de cosigner avec le patronat un document sur la flexicurité, une notion qui devrait être bannie du vocabulaire de l’Europe sociale.

On ne peut pas ne pas apercevoir, dans les différents communiqués de la CES , un  malaise.

«  La CES reconnaît que les entreprises et les travailleurs ont besoin à la fois de flexibilité et de sécurité. Toutefois, la forme de flexicurité que propose la Commission , est déséquilibrée. En prenant les contrats flexibles et les licenciements facilités comme principes majeurs, elle mine la stabilité des emplois et déplace l’équilibre des forces vers les entreprises. Dans sa résolution, la CES demande aux décideurs européens d’établir un agenda politique qui encourage la flexicurité interne et la qualité des emplois » (communique de ce 18 octobre).

En même temps, comme pour se gifler elle-même,   la CES renvoie à l’ « analyse commune des partenaires sociaux ».

Celle-ci écrite  uniquement en anglais(*) et en particulier les pages 52 et 53 me font penser qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond au sein de la CES. J ’aimerais savoir qui, du coté des travailleurs européens syndiqués, est au courant ou a participé à cette brochure que ce soit la CFDT , la FGTB de la Belgique , la CGT grecque, ou les Luxembourgeois ou une autre organisation nationale. Il est anormal que des documents aussi importants soient dans une seule langue.

C’est un peu court - que de dire avec les employeurs, sans plus, que les directives adoptées en 1997 sur le temps partiel, sur le travail à durée déterminée(1999) ou sur le congé parental (1995) ont été prises en « vue de contribuer à une meilleure balance entre la flexibilité et la sécurité » ? Les directives de 1997 ne concernent que la « flexibilité du temps de travail » en vue d’assurer « la suppression des discriminations qui frappaient ces travailleurs »(en grande partie des femmes). Quant au congé parental il n’a rien à faire avec la flexicurité, mais avec le respect de la charte des droits sociaux fondamentaux des travailleurs et le principe fondamental de l’égalité entre les hommes et les femmes, qui, lui, n’est pas flexible ! C’est une aberration de la part de la CES d’avoir souscrit à ce texte et c’est une irresponsabilité collective de la part de toutes les organisations syndicales affiliées de l’avoir autorisé.

D’autant plus qu’il est demandé au Conseil européen d’en tenir compte dans ses conclusions du mois de décembre. C’est bien cela que Monsieur Ernest-Antoine Seillière, Président du BusinessEurope (ancien président du MEDEF) a rappelé au premier ministre portugais dans sa lettre du 16 octobre 2007.

*Key challenges facing European labour markets: european Social partners joint analysis

18.10.2007

Pauvrété

Chômeurs, travailleurs pauvres et pauvres dans une Europe riche

A Paris, c’est évidemment la grève qui attire l’attention et ses conséquences. En Grèce la Chambre commence les discussions sur la sécurité sociale en ayant une approche néo- libérale, à l’instar des conceptions du gouvernement français.

En France c’est le divorce du Président, et en Grèce la méchante querelle entre les prétendants au siège du président du parti socialiste(Pasok) qui semblent intéresser nos citoyens.

Personne ne doute de l’importance de ses sujets, mais je voudrais m’attarder juste une minute aux pauvres de nos pays qui deviennent plus pauvres. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le Président de la république Hellénique (voir mon billet du 16 octobre).

Crise, quelle crise ? S’interroge avec raison l’hebdomadaire économique belge  « Test budget » qui conseille à ses abonnés comment mieux placer leur argent.

Bien sûr nous savons tous que le grand capitalisme, essentiellement financier, est plus que prospère et que les hauts organes de direction des grandes entreprises ont plus de pouvoir que tous les ministres réunis.

La politique, la plupart du temps se contente de gérer et non pas de prévoir pour le long terme,  ce qui est de l’essence même de la politique. Depuis bien longtemps, les politiciens ont abandonné le long terme, gouverner et prévoir, au profit du court terme, c'est-à-dire leur propre réélection.

Les énormes bénéfices des grandes entreprises, non seulement ne vont renforcer le tissu économique et social, mais augmentent le nombre des chômeurs- habituel premier résultat de toute fusion- et des travailleurs pauvres, par pression constante sur les salaires sous prétexte de concurrence.

Flexibilité, employabilité, flexicurité, nouvelles formes de travail frappent les plus faibles et notamment les femmes.

Au niveau de l’Union européenne, la responsabilité est à la fois nationale et européenne.

Je crains que le nouveau traité qui est destiné à remplacer le défunt traité constitutionnel n’apporte aucune amélioration en ce qui concerne ces travailleurs.

Chômeurs, travailleurs pauvres et pauvres, qui touchent moins de 800 euros par mois  forment une masse extraordinairement compacte qui, malheureusement pour elle, ignore sa puissance électorale et politique. Empêcher la population européenne –par référendum commun le même jour- de s’exprimer sur un traité cousu et recousu par des experts est une nouvelle  claque aux citoyens et une bombe à retardement pour la construction européenne. C’est à cela que nous invite à assister le Conseil européen de cet après midi à Lisbonne. On se partage les sièges, mais on ne se préoccupe pas des citoyens. Il y a un problème majeur qui est en train de se créer.

Certes, dans le monde les pauvres ne sont pas partout les mêmes. 854 millions d’êtres humains souffrent de la misère la plus profonde  et l’Europe-mais pas seule - doit apporter son aide, ce qu’elle fait partiellement. Il faut savoir que 10% des plus riches contrôlent les 85% de la richesse mondiale, alors que les 50% des plus pauvres possèdent 1% de cette richesse mondiale.

Mais je ne peux ignorer aussi nos propres pauvres dans l’Europe des 27  dont leur vie est conditionnée par la spéculation financière ou les mouvements géopolitiques.

Ainsi l’exemple le plus frappant est la situation turco-kurde qui conduit le baril du pétrole vers les 90 euros. Or, l’Irak du Nord ne produit qu’à peine 500000 barils alors que la production mondiale est de l’ordre de 85 millions de barils par jour.

La spéculation financière joue sur cette peur psychologique mais aggrave le budget familial. Ainsi plusieurs familles en Grèce empruntent déjà pour acheter le mazout dont ils aront besoin.

Rien ne dit que la France comme la Grèce et d’autres pays de l’Union  ne devront déclencher un mécanisme d’octroi des bons de chauffage aux plus démunis. Ainsi une querelle turque avec les kurdes a une influence sur le prix du pétrole qui, par le biais de la spéculation, frappe de plein fouet plusieurs milliers des familles.

C’est en ce sens que je disais que les politiciens ne gouvernent pas mais gèrent : ils gèrent un passif social dont ils ne contrôlent plus les tenants et aboutissants. N’est pas là un échec terrible de la Politique  ?

15.10.2007

Enironnement,blogs et Commission européenne

L’ENVIRONNEMENT, LES  BLOGGEURS ET LA COMMISSION EUROPEENNE

 

 

 

Un politicien, en général, doit communiquer tout ce qu’il fait ou dit (quand ça l’arrange évidemment). Ainsi tel politique attendra faire ou dire en fonction de l’heure du journal télévisé. D’autres politiciens ont  avec eux une liste avec les dates ou journées internationales consacrées à tel ou tel événement. Et ils demandent à leurs collaborateurs de leur préparer un « message » destiné à leur public. La communication a pris le pas sur le fond.  Ce n’est pas tellement le sujet qui compte, mais l’annonce.

 

Les institutions nationales et internationales sont championnes pour instituer de telles journées. Nous avons ainsi des journées, à la manière de la St Valentin , consacrées aux pauvres, aux femmes, aux animaux, aux migrants et toutes celles que chacun connaît. La conscience sociale est sauve. Imagineriez vous qu’on vous aime seulement le 14 février, le 45e jour de l'année, et chercher pendant les  320 jours restant si vous êtes aimé ?

 

Aujourd’hui 15 octobre les bloggeurs du monde entier sont supposés prendre la plume pour indiquer leur point de vue sur l’environnement. En soi c’est une bonne chose, d’autant plus que ces bloggeurs sont sensibilisés.

 

Le membre grec de la Commission européenne, Stavros Dimas, « chatte » cet après midi avec tous ceux qui sont intéressés.

 

La Commission européenne voulant coller à l’actualité  est favorable à ce que les Commissaires puissent avoir leur blog. La première qui utilisa le blog fut la jolie et compétente commissaire suédoise Margot Wallström.

 

Je voudrais cependant faire deux observations.

 

La première concerne la nature des blogs. Il me semble que ce moyen est fait pour permettre le dialogue. Le bloggeur s’expose à la critique pour tout ce qu’il écrit. Les blogs qui se contentent de recevoir des commentaires sans jamais répondre à ces commentaires s’apparente à un monologue. Pire, à une propagande(ou promotion, comme on dit aujourd’hui). En ce qui concerne les blogs des Commissaires européens, qui disposent tous d’un cabinet, d’un responsable web et d’un service compétent qui les secondent, il me paraît peu respectueux à l’égard des citoyens de ne pas répondre aux commentaires.

 

A moins qu’il faille instaurer une journée consacrée au citoyen européen.

 

En ce qui concerne le résultat de chat d’aujourd’hui, j’aimerais croire que le Commissaire responsable de l’environnement fera évaluer les réponses et informera ses collègues. Comme les décisions de la Commission sont collégiales, il faut que les autres 26 membres du Collège soient d’accord avec les propositions du Commissaire grec. Or, face à lui un commissaire allemand chargé de défendre les industries, ne semble pas être un fan de l’environnement. Et il peut bloquer les envies environnementales et sociales de ses collègues. Un « chat » qui se fait pour le plaisir de « chatter » est bien sûr agréable mais politiquement inutile s’il n’est pas suivi d’effet.

 

La deuxième remarque concerne la langue. Tous les blogs des Commissaires sont en anglais. A qui s’adressent-ils ? Croit on vraiment que tous les travailleurs, pour ne prendre qu’eux, comprennent l’anglais ? Et à partir du moment où on utilise les moyens de la Commission européenne, il y a lieu de rappeler que les langues de travail de la Commission sont aussi bien l’anglais, le français et l’allemand. Là, je crois que la France commet une grave erreur car la langue n’est pas seulement un outil de communication mais un moyen politique et un élément discriminant.

 

 

 

11.10.2007

L'OTAN ET ALEXANDRE LE GRAND.BREVE ANALYSE POLITIQUE

L’OTAN, Alexandre le Grand et la Macédoine

Il peut paraître difficile de comprendre le conflit entre Athènes et Skopje concernant le nom, qui dure depuis 15 ans.

Pour les Grecs la Macédoine est grecque. Pour les Macédoniens de Skopje leurs problèmes en apparence  métaphysiques ne font qu’occulter leur peur de se voir submergés par la démographie galopante de la  population albanaise. Dès lors eux aussi sont pris dans le piège d’un nom qui cache mal la complexité ethnique de ce petit pays.

  En Grèce, lorsqu’on ose dire qu’ Alexandre le grand pourrait être bisexuel ou pire, boucher,- en somme criminel de guerre s’il n’avait pas l’aura du grand conquérant civilisateur- tous les Grecs instruits et moins instruits, populistes et politiciens de tout bord secondés par la presse écrite et le télévision et par quelques évêques, sont unanimes pour condamner les blasphémateurs.

Ce serait assurément risible si cet attachement au passé hellénique n’aboutissait pas à des excès. Je crois que la Grèce , comme d’autres pays dans les Balkans, ont besoin de ce passé glorieux, presqu’aseptisé, pour se persuader que la  gloire du passé transcende leur modernité bien moins glorieuse. Tous ces pays sont des reliquats d’empires du passé antique, byzantin et même ottoman.

 Plus grave : la Grèce ne se sent pas suffisamment forte pour assumer son présent et a développé un complexe à l’égard des autres européens. Elle a l’impression qu’après avoir donné tant à cette Europe jadis barbare, celle-ci ne le lui rend pas.

Dès lors, dès qu’un américain, tout important qu’il soit à cause de sa qualité de médiateur désigné pour régler le conflit gréco-macédonien, ose qualifier de boucher Alexandre le Grand toute la Grèce devient hystérique.

Mais un pays qui se sent solide a-t-elle vraiment raison de s’en faire parce qu’l’un ou l’autre ignare raconte sa version de l’histoire ? Faut-il que le ministère des Affaires Etrangères s’y mêle et proteste  parce que la culture historique de ce haut fonctionnaire américain, Mr Matthew  Nimits, se limite au film d’Oliver Stone.

Au-delà de ces barbouillements intellectuels, d’autres éléments me paraissent  plus inquiétants. Qui n’ont rien à voir avec les préoccupations populaires des deux pays balkaniques, mais qui ont à faire avec le partage des nouvelles sphères d’influence. Et que les pays immédiatement intéressés deviennent les pions d’un jeu politico-stratégique mené par les Etats-Unis.

Hier et avant-hier le secrétaire général de l’OTAN rencontrait la secrétaire d’Etat Rice à Washington pour discuter, entre autres, de l’entrée de la Macédoine(FYROM) dans l’Alliance Atlantique et les discussions qui vont avoir lieu à Bucarest. Progressivement,  les Américains qui ont plus de 700 bases dans  au moins 130 pays, reprennent les positions balkaniques que Yalta les avait privé.

Personne ne peut vraiment croire que la Macédoine est indispensable à l’OTAN autrement que pour permettre, légalement, la mise en place d’un système militaire qui sert les intérêts américains. Sert- il pour autant  les intérêts européens ? Rien n’est moins sûr, car même si nous nous inquiétons des pays comme la Chine ou l’Inde on ne peut oublier que l’ex Union soviétique est un empire blessé dans son orgueil. Et qu’il est toujours une puissance. Et qu’il est situé en Europe. Prise dans un étau, la Russie voit non seulement lui échapper la Pologne , la Hongrie , la Tchéquie , la Slovaquie mais sent la présence américaine à sa porte avec les événements en Ukraine. L’ancrage de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’union européenne et le démantèlement de l’ancienne Yougoslavie sont autant d’affaiblissements de sa position dans les Balkans et autant des avancées  américaines. Malheureusement cette situation fragilise aussi l’Union européenne.

De l’autre coté nous, les européens, sommes incapables d’avoir une politique étrangère commune, encore moins une défense commune. Nos concitoyens ne sont pas prêts à mettre la main dans la poche pour avoir cette défense. Alors on se contente de l’Alliance atlantique, ou de l’Alliance essentiellement américano-anglaise où les autres membres ont un rôle moindre. Ceci vaut pour la Belgique comme pour la France. Ceci vaut aussi pour la Grèce puisque les officiels américains viennent de déclarer que le conflit autour du nom de la Macédoine n’est pas un préalable pour l’entrée de ce pays dans l’l’OTAN.

Le premier ministre grec Constantin Caramanlis dira t-il comme le président Sarkozy vient de le dire  aux Russes : "je suis ami des Américains mais je ne suis pas vassal".

Le dire c’est une chose, le croire c’en est une autre. Le démontrer c’est encore autre chose.

04.10.2007

Irrégularités agricoles

PAR ICI LA MONNAIE , PLEASE

 

 

 

J’indiquais avant-hier la mollesse de la Commission européenne à l’égard de sa politique extérieure. Aujourd’hui je voudrais mettre en exergue son action pour récupérer des sommes indûment perçues et qui appartiennent au budget communautaire. En somme, à chacun d’entre nous.

 

Par un mécanisme mis en place par l’Institution européenne, les Etats membres doivent recouvrer les paiements perçus irrégulièrement -pas nécessairement illégalement, en fraude- dans le cadre de la Politique Agricole Commune(PAC).

Cette procédure d’audit régulière constitue un instrument essentiel du contrôle des dépenses de la politique agricole commune. Habituellement, les fonctionnaires de la Commission européenne se rendent sur place.

 

Lorsque la Commission estime que les procédures de contrôle d'un État membre ne sont pas conformes aux règles communautaires, elle récupère auprès de l’État membre concerné le montant indûment payé. Cette récupération peut porter sur des dépenses effectuées jusqu’à 24 mois avant le début de la procédure. Ce montant sera reversé au budget communautaire.

 

 

 Ce mercredi 3 octobre  (les réunions de la Commission ont toujours lieu le mercredi, sauf lorsqu’elle doit déménager à Strasbourg pour les sessions du Parlement européen, auquel cas la réunion a lieu le mardi) elle a décidé de recouvrer pas moins de 145,2 millions € auprès des  plusieurs États membres, à savoir   la Belgique , l’Allemagne, le Danemark, l'Espagne, la France , le Royaume-Uni, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède.

 

La plupart c’est pour des petites sommes. Il y a cependant  quelques irrégularités majeures dans le secteur des fruits et légumes et de l’huile d’olive. Deux pays sortent du lot et se font remarquer. A eux deux ils globalisent un très bon chiffre.

 

82,6 millions € imputés à l'Italie, dont 76,4 pour insuffisances qualitatives et quantitatives constatées dans les contrôles effectués dans le secteur de la production d'huile d'olive,

 

50,77 millions  imputés à la France dont 49,7 pour insuffisances constatées au niveau des critères de reconnaissance appliqués par les organisations de producteurs.

 

Plus étonnant c’est la Suède qui, bien que très loin dans ce palmarès, doit restituer 3,7 millions € imputés pour insuffisances quantitatives et qualitatives constatées dans les contrôles sur place et en raison de la mauvaise qualité des contrôles effectués par télédétection dans le cadre du régime des aides à la surface.

 

 

 

02.10.2007

Politique européenne.La Birmanie

Total, France, Commission européenne, Birmanie et crimes contre l’humanité

 Il y avait jadis en Belgique une très belle loi, oui une belle loi, qui permettait de punir tout criminel contre l’humanité et même les chefs d’Etat en exercice.

Elle datait du 16 juin 1993 et s’appelait loi de compétence universelle. Le problème c’est que d’éminents juristes belges du droit international public l’ont condamnée au motif qu’elle violait la souveraineté d’autres Etats. Impensable qu’un pauvre quidam refugié puisse prétendre vouloir condamner une société exploitant la misère humaine ou  pire,  son chef d’Etat tortionnaire. Où va-t-on ? Un jour l’Israël officiel, s’est fâché contre cette prétention belge de juger universellement les éventuels coupables des crimes contre l’humanité. Le ministre des Affaires Etrangères Louis Michel, actuellement commissaire européen, s’est fait taper sur les doigts et que dire de son collègue, ministre de la Défense rappelé à l’ordre par nos alliés américains.

Une si belle loi ne pouvait pas survivre dans un jardin si petit. Et au lieu d’en inspirer l’Union européenne toute entière, elle fut abrogée pour lui substituer un système compliqué : la loi du 5 août 2003.

Total s’est trouvé pris dans l’engrenage de la loi du 5 août 2003 et les aventures judiciaires belges commencèrent. Ce n’est pas encore fini puisque le parquet fédéral  vient de rouvrir l’enquête  pour crimes contre l’humanité. De manière plus concrète, Total  participerait indirectement au travail forcé sur son champ gazier de Yadana. (pour les déboires judiciaires de Total, en Belgique et ailleurs, voir son site).

Le travail forcé, bien qu’illégal, est pratiqué depuis toujours avec la bénédiction, au début du 20e siècle d’un grand empire humaniste, le Commonwealth.

Laissons la justice belge faire son métier, mais je ne peux pas ne pas m’interroger sur la mollesse des réactions de la Commission européenne et notamment de la Commissaire autrichienne, madame Ferrero-Waldner et de Louis Michel, souffrant d’aphonie.

Bien sûr, il y a le communiqué commun de la présidence de l’Union européenne et des Etats-Unis du 26 septembre pour saisir les Nations Unies.

Mais faut-il rappeler à la Commission européenne la dénonciation de la situation humanitaire en Birmanie par le Comité international de la Croix – Rouge du 29 juin 2007 ? Que les deux Commissaires ont fait une belle déclaration le 4 juillet 2007 ?

La Commission européenne a fourni depuis 1992 une aide humanitaire de plus de 105 millions d’euros à la Birmanie , dont 15 ,5 millions au tout début de l’année 2007(sur le budget 2006) pour couvrir les besoins humanitaires fondamentaux d’une population de près d’un million qui souffre. En outre,  65 millions supplémentaires sont prévues pour la période 2007-2013.

Je pose une question : Quand commence un génocide ou un crime contre l’humanité ? Et faut-il qu’il commence ou se pérennise alors que nous avons tous les moyens de pressions pour faire cesser cette situation ?

Pire encore. La Commission européenne va –t-elle échapper à ses responsabilités en faisant savoir que le Quai d'Orsay donne toutes les assurances selon lesquelles "Les activités de Total ne sont pas en contradiction avec le dispositif des sanctions et les mesures restrictives décidées par l'Union européenne" en 1996, comme  déclaré le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères,  interrogé lors d'un point de presse, le 25 septembre. 

Mais qu’attend-elle de Kouchner ? Qui nous dit que tout va mal ? Mais il a déjà dit que tout va bien. C’est Total qui l’écrit sur son site. Ce brave homme d’Etat, « Bon connaisseur du Sud-est asiatique et de son histoire, médecin humanitaire spécialiste des problèmes de santé publique et des situations d'urgence, et homme politique engagé connaissant personnellement Madame Aung San Suu Kyi, avait toute l'expérience requise pour être un observateur critique et impartial de l'action de Total au Myanmar. C'est pourquoi le Groupe lui a demandé, dans le cadre d'un contrat de consultant passé avec sa société BK Conseil, de venir dans ce pays pour se former son propre jugement sur place et pour donner ses avis et recommandations ».

Je ne retiendrai de son rapport complet (voir sur le site de Total) que ce qui a trait à la médecine :   « Le programme socio-économique mené par Total est un vrai succès : couverture médicale de qualité, fort recul des pathologies, progrès de l'hygiène, essor de l'agriculture et de l'élevage, relations de qualité avec les habitants, élimination du travail forcé »

Il est blagueur Kouchner, mais ses blagues sont sinistres.

Voici ce que dit la Commission européenne, le service d’Aide humanitaire(ECHO) «  L'état du secteur de la santé est particulièrement alarmant. Le budget santé par personne est le plus faible du monde. La plupart des régions du pays, surtout dans les zones frontalières, n'ont même pas de service de santé. La mortalité infantile est de 7%, presque quatre fois plus élevée qu'en Thaïlande. L'espérance de vie est de 56 ans, 15 ans de moins qu'en Thaïlande et 22 ans de moins qu'au Royaume-Uni, par exemple. On estime que 34% de la population rurale n'a aucun accès à l'eau potable, ce qui provoque des affections respiratoires et des maladies liées à l'eau, 43% d'entre eux ne bénéficiant pas de systèmes d'assainissement (3 mars 2007)

Et voici ce que dit le « document de stratégie CE/Birmanie (2007-2013), adopté par la Commission européenne.

« La population vit sous la répression politique continue, aggravée par une régression économique (.) ; l’État de droit n’est garanti par aucun moyen.La torture et les exécutions extrajudiciaires restent des moyens répandus dans la lutte du régime contre les opposants politiques et certains groupes ethniques, tandis que les militaires ont recours à des pratiques de travaux forcés. (…) En novembre 2006, l’OIT a exécuté des plans consistant à renvoyer le gouvernement birman devant la Cour internationale de justice de La Haye en raison de son incapacité à supprimer le travail forcé ».

Total fait sa stratégie et comme tous les pétroliers, peu importe le régime. La France peut vouloir défendre Total pour des raisons économiques.

Mais l’Union européenne, et la Commission européenne en particulier, celle qui est garante des intérêts des citoyens européens ne peut rester aveugle. Elle s’est déjà éloignée des peuples européens par une absence de politique sociale, par un traité constitutionnel rejeté, par une incapacité politique d’agir dans les Balkans et dans le Moyen Orient. Elle s’éloignera encore si elle choisit  une politique d’autruche en matière de respect des droits de l’homme au Myanmar. Elle sait ce qui se passe, elle le dit elle-même dans ses propres documents, elle a le devoir de proposer une action immédiate et à chaque Etat membre de prendre ses responsabilités. Elle doit immédiatement revoir  son document de stratégie 2007-2013.

 

01.10.2007

Politique internationale.Balkans

VETO GREC ET  LE DESTIN EUROATLANTIQUE DE LA MACEDOINE (FYROM) 

Il fallait s’attendre. Tombé en pleine présentation du programme gouvernemental au Parlement,moment où le gouvernement demande sa confiance , l’incident du 25 septembre aux Nations Unies (voir billet précédent) ) a raidi à l’extrême la position grecque.

Selon le premier ministre grec Costas Karamanlis, intervenant au Parlement les 29-30 septembre, « nous avons fait savoir expressément à nos voisins de Skopje que s' ils souhaitent réellement adhérer aux institutions euro atlantiques, ils doivent respecter entièrement les Accords et abandonner leur position irréconciliable afin de trouver une solution acceptable par les deux parties en ce qui concerne leur nom. Voilà nos positions. Et ces positions sont parfaitement claires ».

Secondé par la ministre des Affaires Etrangères, Dora Bakoyianni, celle-ci  fit  état de l’incident  pour estimer que « dans ces conditions il ne peut pas y avoir du progrès dans la perspective de l’adhésion de ce pays à l’OTAN et à l’UE ».

«  La question du nom n’est pas une question bilatérale, ni une question sentimentale. C’est un sujet politique par excellence. C’est une question de respect et d’application des relations de bon voisinage. Il s’agit, en dernière analyse, d’une question de stabilité régionale et de collaboration ».

Et  ajouta «  Nous parlons pour l’avenir et non pour le passé. Les actes et les omissions de Skopje, l’attitude irréconciliable, la  large propagande  fondée sur une logique irrédentiste et toute sorte de provocations minent la lettre et l’esprit de la Convention intérimaire de 1995.  La Grèce , comme je l’ai souligné à New York conserve dans sa totalité tous les droits qui émanent de sa qualité de membre de l’OTAN et de l’UE ».

S’adressant aux membres du Parlement, elle indiqua qu' «  en ce qui concerne la procédure qui est suivie au sein des Nations Unies nous avons fait tous les pas nécessaires.Mais lautre partie doit aussi couvrir une certaine distance. Malheureusement elle ne l’a pas encore fait.

Je les invite à abandonner le plus rapidement possible cette attitude sans issue.

Le ministère des Affaires Etrangères, a reçu instruction de la part du premier ministre à faire connaître clairement la position de la Grèce à tous les amis, alliés et partenaires.

La Grèce est prête pour une solution communément acceptée. Celle ci est la position responsable du plus ancien membre de l’UE et de l’OTAN de cette région. C’est la position de la Grèce qui , évidemment, conserve intactes toutes les possibilités qu’elle a comme Etat membre de ces organisations. Il n’y a qu’une seule voie pour Skopje qui mène à l’OTAN et à l’UE. La voie de la solution communément acceptée. Point barre.Ca c’est le message fort de la Grèce. Vers toutes les directions »

Face à ce conflit, le President Mr Branko CRVENKOWSKI, accompagné du ministre des affaires Etrangères Mr Antonio MILOSOSKI  voit à Bruxelles le mercredi 3 octobre le commissaire chargé de l’élargissement. Olli Rehn, le membre finlandais de la Commission européenne n’a pas beaucoup de marge de manœuvres dans la mesure où la toute première priorité de la jeune république est son adhésion à l’OTAN. Sans doute le Commissaire européen , tout en constatant une amélioration, ne manquera pas de souligner que la Macédoine doit faire des grands efforts pour combattre la corruption et que le chemin pour l’Union européenne est bien long, veto grec ou non..  Mr  CRVENKOWSKI verra une heure  plus tard Javier Solana qui a déjà le problème de la reconnaissance du Kosovo dans les bras.  Le lendemain ,le président de l’ARYM verra le ministre socialiste du gouvernement Fillon, Mr Kouchner. Peut être ce dernier, sera mieux inspiré d’abandonner ses qualités diplomatiques au profit de ses compétences médicales. Il doit faire la part de qui relève d’un problème existentiel pour les macédoniens de Skopje et d’un problème psychotique pour les grecs. C’est ça parfois la grande politique.

29.09.2007

La corruption en Europe

La corruption en Europe et le classement mondial établi par Transparency International

Le prétexte pour cette note m’a été donné par la publication de l’interview de Helen Darbishire, fondatrice du réseau  Access Info, dans 20 minutes fr. concernant l’accès des citoyens à l’information. Elle a absolument raison lorsqu’elle dit que cet accès sert, avec d’autres moyens, à combattre la corruption. Certes la corruption comme d’autres phénomènes criminels, ne peuvent être éradiqués totalement. Ils font partie de la société, mais lorsqu’ils ne sont plus des actes isolés ils gangrènent la société.

Le dernier rapport de Transparency publié cette semaine, quelles que soient les réserves qu’on peut avoir à l’égard de cette organisation non gouvernementale, constitue une indication de la perception qu’ont les citoyens de tel ou tel pays de la corruption chez eux.

Globalement le classement mondial qu’il propose montre que là ou il y a la misère et là où règne la dictature ou une caricature de démocratie, la corruption est très élevée. Par contre dans nos démocraties occidentales la corruption est moindre. C’est une des qualités des régimes démocratiques. Mais même dans nos pays la perception de la corruption est différente, ce qui signifie que l’on peut la réduire  en prenant exemple sur les pays le moins corrompus.

A l’intérieur de l’Union européenne, on constate une bonne tenue avec un excellent taux pour la Finlande et le Danemark qui occupent, avec la nouvelle Zélande, la première position mondiale sur 180 pays examinés. La France occupe la 19e place et la Belgique la 21e.

 Toutefois il est consternant de constater que la Grèce reste  le dernier des anciens 15 Etats membres de l’Union européenne sur cette liste noire. Il n’est dépassé que par la Pologne , la Bulgarie et la Roumanie , dans le cadre des 27 Etats membres.

La situation est encore plus préoccupante en ce qui concerne les pays qui voudraient se joindre à l’Union européenne.

Seules la Croatie et la Turquie égalent la Bulgarie dans la corruption.

Suit la Serbie , cinq places plus loin que la Roumanie. Viennent ensuite la Bosnie , la Macédoine et le Monténegro, à la 84e place avec 3,3 points. La toute dernière position dans l’Europe est tenue par l’Albanie qui occupe la 105e place avec 2,9 points.

Pour ceux qui veulent voir de plus près la situation en Europe, cette étude de Transparency International peuvent lire  d’autres rapports tels ceux qui relèvent du Conseil de l’Europe à Strasbourg et notamment le Groupe d’Etats contre la Corruption , dit GRECO. Cela permet aussi de nuancer le rapport de Transparency International et d’exiger que les revenus de toutes les personnes qui ont un mandat électif soient connus. La corruption s’étant « démocratisée », il faut la combattre dans tous les niveaux du pouvoir politique.

         1. Danemark 9,4 ; Finlande 9,4

         4. Suède 9,3

         7. Pays-Bas 9,0

       12. Luxembourg 8,4 ; Royaume Uni 8,4

          15. Autriche 8,1. 16. Allemagne 7,8 . 17. Irlande 7,5

       19. France 7,3

       21. Belgique 7,1

       25. Espagne 6,7

       27. Slovénie 6,6

       28. Estonie 6,5 ; Portugal 6,5

       33. Malte 5,8

       39. Chypre 5,3 ; Hongrie 5,3

       41. République Tchèque5,2 ; Italie 5,2 

       49 Slovaquie 4,9

       51. Lettonie 4,8 ; Lituanie 4,8

       56. Grèce 4,6

       61. Pologne 4,2

       64. Bulgarie 4,1

       69. Roumanie 3,7

 
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