04.10.2007
FRANCE
Accompagné de Mgr le cardinal Roger Etchegarray Sa Sainteté Alexis II, Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, a été reçu presque comme un chef d’Etat à l’Elysée.
Fort d’ une bénédiction orthodoxe, -comme chacun le sait, les orthodoxes n’obéissent pas aveuglement à un seul chef, comme les catholiques. Les Bulgares, les Roumains, les Russes et d’autres encore ont chacun un patriarche et tous sont supposés obéir moralement au Patriarche Bartholomée qui siège à Constantinople (Istanbul)- il partit aussitôt pour la Bulgarie pour recevoir la plus haute distinction nationale, la Croix de « Stara Panina » pour avoir, lui et Cecilia ,sauvé d’une mort certaine les infirmières bulgares et recevoir l’accueil chaleureux des jeunes cadres dynamiques français qui s’y trouvent .
Il faut lire l’interview du Président au journal bulgare « 24chasa » pour voir avec quelle maîtrise il a tiré la couverture, et même les draps, sur lui et Cecilia en laissant totalement à coté l’œuvre constante et discrète de l’Union européenne.
C’est tout aussi pathétique cette déclaration d’une grande puissance européenne qui a fait chaud au cœur aux Bulgares, au point qu’ils n’auront plus besoin de chauffage pour cet hiver.
« La France veut discuter avec vous et vous protéger lorsque vous luttez pour votre identité nationale. (…) Vous avez gagné seuls votre liberté et personne ne peut se comporter envers vous comme si vous étiez un pays de deuxième classe. Vous êtes égaux aux autres ».
Mais qui lui dit de raconter des carabistouilles pareilles ?(1) Nous ne sommes pas dans les Balkans du 19e siècle, à l’époque de la formation des nationalités et du démembrement de l’empire ottoman.
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(1) C’est du bruxellois17:10 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bulgarie, Orthodoxie, Balkans
27.09.2007
Politique internationale.Balkans
Dans mon billet précédent j’évoquais le conflit politique entre les deux pays. Une nouvelle tension vient d’apparaître à l’occasion de l’intervention aux Nations unies du président de la jeune république, Mr. BRANKO CRVENKOVSKI.
Le 25 septembre s’est ouverte la 62e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies. A l’ouverture du débat général ont pris la parole plusieurs chefs d’Etat dont MM. Bush et Sarkozy.
La session est présidée par le diplomate de Skopje Monsieur SRGJAN KERIM. Devait succéder à la tribune suite aux interventions du président français et de Daniel Ortega (président du Nicaragua), le président macédonien.
Le président de la session, Monsieur Kerim, invita à la tribune son président en s’adressant à lui en tant que « Président de la république de Macédoine ». Celui-ci voulut prendre la parole, mais son intervention fut interrompue par une motion d’ordre du représentant permanent grec (l’ambassadeur). Ce dernier, rappela au président de la session qu’il devait respecter les règles des Nations Unies (les mêmes règles valent pour l’Union européenne) selon lesquelles la jeune république se nomme toujours « Ancienne République Yougoslave de Macédoine ». Ce sont les Résolutions du Conseil de sécurité 817 et 843 de 1993. D’ailleurs le compte rendu officiel et les communiqués de presse des NU indiquent monsieur Crvenkovski en tant que président de l’ARYM.
La position grecque en termes de droit est exacte, même si je considère depuis toujours que la Grèce s’est mise dans un bourbier politique, au lieu d’aider financièrement et culturellement ce pays dont la stabilité est importante dans la région des Balkans. Je comprends aussi le président de la session. Comment voulez vous qu’il traite son président ? Président de l’ARYM ? Mais évidemment un président de session n’intervient pas en tant que national d’un pays, mais en tant que président de tous les pays qui participent à l’assemblée Générale. En outre, il était inutile de donner une réponse empreinte d’ironie.
L’incident a pris des proportions car à la fin de son intervention le Président Crvenkovski déclara—alors que la Grèce et son pays sont en conflit en attente d’une solution dans le cadre de l’ONU— que son pays s’appelle et s’appellera « République de Macédoine ». Il confondit son intervention dans l’enceinte internationale avec un discours électoral.
On voit donc qua la question de l'appellation de l'Ancienne République Yougoslave de Macédoine rentre dans une nouvelle phase, après une léthargie de plusieurs mois. Le gouvernement grec va exploiter cet incident qui lui facilite une décision éventuelle sur le veto à exercer tant sur l’entrée de ce pays dans l’OTAN que dans l’UE. Il a le prétexte, l’attitude irrédentiste des officiels du pays voisin. En même temps il court - circuit l’extrême droite.
Dans ce contexte, je considère que la fin de l’intervention du président macédonien fut totalement inutile et, pour reprendre un terme diplomatique, totalement contre- productive d’autant plus que 123 pays sur les 192 membres des Nations Unies ont reconnu ce pays, dans leurs relations bilatérales, avec son nom constitutionnel.
Décidemment, les Balkans ne sont pas seulement une région. C’est surtout un problème.
Je reviendrai sans doute sur ce problème!16:40 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Balkans, Macédoine, Grèce, Branko Crvenkovski, FYROM










