24.09.2007
Politique interne grecque
Le pasok se prépare pour une psychanalyse de groupe
Tous les cadres du parti socialiste grec qui voudraient saisir leur chance et devenir le nouveau président se préparent activement en vue des élections du 11 novembre. A l’heure actuelle Georges Papandreou, l’actuel président, a pour lui la sympathie que lui procure son nom mais surtout et avant tout ses qualités morales et sa sincérité. Un petit groupe de fidèles espère sa réélection.
Cependant, les membres et amis qui voteront dépasse le million et donc rien n’est prévisible. On ne peut contrôler autant d’électeurs.
Au risque d’insulter les Grecs, Georges Papandreou n’est pas fait pour la Grèce. Il aurait été excellent dans des pays tels que la Belgique qui pratiquent le compromis comme mesure gouvernementale (avec d’autres défauts, évidemment). La maturité d’une démocratie ne se mesure pas à la capacité immodérée des Grecs de parler de la politique. Georges Papandreou n’est pas un populiste. Il ne sait pas caresser le public dans le sens du poil. S’y risquer dans le populisme le rendrait ridicule. C’est un individu que toutes les familles voudraient avoir comme fils ou beau fils.
Plusieurs raisons expliquent son échec électoral. Retenons trois. Pour deux d’entre elles il est responsable. A la différence de tous les autres, Georges Papandreou a un double cordon ombilical qui l’empêche d’être chef. Le premier est celui qui le relie à son père Andreas Papandreou, le leader historique du PASOK. Il vit constamment sous son ombre et il ne cesse pas de faire référence, dans ses discours, à Andreas…Bien sûr, le public applaudit, mais lorsque le fils prend la parole il n’est plus le fils. Il est le leader du PASOK actuel . Le deuxième lien ombilical est celui qui le lie à sa mère Margarita. Bien qu’américaine elle couve son fils comme toutes les mamans grecques. Ceci serait sans conséquence si le fils n’était pas le leader du plus grand parti de l’opposition en Grèce. Or, se sont agglomérés autour des membres très proches de sa famille ainsi que quelques conseillers, membres d’une courette- qui avaient bien saisi cette relation.
La troisième raison est due, sans exception, à l’ensemble des cadres du parti l'ayant entouré pendant ces dernières années qui, voulant se sauvegarder une place sur les listes électorales, n’ont pas osé contester les dérives décisionnelles.
Le challenger, déclaré dès la nuit de l’échec électoral du 16 septembre, est un brillant constitutionnaliste. Evanghelos Venizélos, pléthorique physiquement et intellectuellement, est un rhéteur redoutable. Son intelligence dépasse, et de loin, la moyenne de l’intelligence cumulée des cadres du PASOK. Sa qualité principale est aussi son défaut. On comprend aisément qu’il est l’objet d’inimitiés profondes au sein du parti. Capable de populismes et des sophismes, artiste du « dire beaucoup sans rien dire » est certainement en mesure de restaurer le parti et le conduire vers des meilleurs résultats. Le petit groupe qui est autour de lui peut lui apporter un soutien logistique.
Face à ces protagonistes aux personnalités diamétralement opposées et aux qualités différentes, d’autres essaient de jouer un rôle pour ne pas perdre le train des événements. Le problème c’est qu’ils n’ont ni le nom du premier, ni l’intelligence du deuxième. Theodoros Pangalos a l’habitude des belles phrases, mais n’a pas toujours le courage de prendre ses responsabilités jusqu’au bout. L’ancien premier ministre, Costas Simitis, qui avait transmis la patate chaude à Papandreou en 2004 – le premier échec électoral subi par Georges Papandreou en tant que chef du parti, mais dû en grande partie au gouvernement Simitis- essaie de jouer quant à lui au régulateur des conflits. Enfin, Anna Diamantopoulou, l’ancienne Commissaire européenne aux Affaires Sociales (1999-2003) semble hésiter : être ou ne pas être candidat ou se contenter d’apporter son soutien à celui qui paraîtra, les prochains jours, l’emporter ? Elle n’est pas sûre que les deux protagonistes lui laisseront de l’espace. Mais si elle postule, elle le fera en jouant au troisième larron soit qu'elle espère devenir le chef de file d’un courant au sein du futur PASOK.
Au moins, ils ont tous un travail pour toute la législature. Ils sont députés jusqu’aux prochaines élections. C’est bien ce jour là qu’on fera les comptes définitifs. Fidèles et infidèles…. Pour autant qu’entre-temps le PASOK n’implose. En tout état de cause plus rien n'est déjà pas comme avant le 16 septembre 2007.
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