26.10.2007
Macédoine et Grèce: Le bras de fer
Depuis l’incident diplomatique qui a eu lieu aux Nations Unies (voir mon billet sur le sujet), politiciens de tous bords et presse nationale de chaque coté du fleuve Vardar ne cessent d’évoquer le conflit qui les oppose.
J’ai toujours considéré que la Grèce aurait pu avoir une politique différente avec ce petit pays. Par le jeu économique et par le jeu culturel. Même si le droit et l’Histoire étaient de son coté. Ce n’est pas une question de droit, mais une question éminemment politique que la Grèce a mal réglé.
J’ai toujours considéré que l’ancien Président, ce vieux loup communiste Kiro Gligorov, a mieux agi que les politiciens grecs, Andreas Papandreou, Mitsotakis, Karamanlis et Karolos Papoulias, à l’époque ministre des Affaires Etrangères et actuellement président de la Grèce. De même la Nouvelle Démocratie , actuellement au pouvoir recueille les fruits de sa politique lorsqu’elle était dans l’opposition. La politique étrangère n’est pas un enjeu électoral.
Rappel du conflit
Le conflit porte sur le nom constitutionnel du pays : République de Macédoine. Les Grecs le contestent au motif qu’il cache des visions irrédentistes et des revendications ultérieures. Ils veulent que ce pays, pour accéder notamment dans l’Union européenne et l’OTAN, où ils ont un droit de veto, changent ce nom en y joignant un adjectif, genre « République slavo-macédonienne ».
Je peux comprendre qu’une telle nomination est impossible pour Skopje, puisque la grande minorité albanophone- peuple non slave- ferait imploser le pays.
Par contre une « République de Nouvelle Macédoine » pourrait être acceptée par les deux Gouvernements. Une telle nomination serait elle acceptée par les deux populations ? Rien n’est moins sûr. Une très grande majorité des Grecs ne veulent aucune nomination qui comporterait le nom Macédoine. Pour les Grecs la « Macédoine est une et elle est grecque ». Pour les habitants de FYROM il n’est pas question d’un quelconque changement du nom constitutionnel.
Dans ces conditions….
Evidement les faucons du nationalisme et de l’extrême droite ne sont pas loin. Leurs slogans, placés comme solutions, « parlent » mieux aux citoyens que la discussion politique sereine, d’autant plus que ceux qui gèrent les affaires n’ont aucune envie de perdre leur mandat pour défendre l’intérêt à long terme de leur pays respectif. Le clergé non plus ne va as de main morte, sans oublier les maires et préfets (chez les Grecs, les préfets sont élus) des régions qui appartiennent à la Macédoine géographique (globalement tout ce qui est au dessus de Thessalonique) pour qui la question macédonienne est un outil électoral.
Il en va de même de l’autre coté.
Les provocations de Skopje
Cependant, Skopje pour des raisons qui ont à faire avec la complexité ethnique du pays a fait de la surenchère.
-L’attitude ironique et arrogante du ministre Antonio Milososki est probablement due à son inexpérience et à son jeune âge. La transition depuis les bars de Skopje et des bancs de l’Université à la politique a été trop rapide pour pouvoir emmagasiner un peu de sagesse qu’apporte inéluctablement l’âge.
-La provocation totalement inutile de nommer l’aéroport de la capitale « Alexandre le Grec ».
-L’acte absolument inutile de présenter, sur le site officiel du gouvernement, son communiqué du 23 octobre 2007, pris à l’occasion de la célébration de la date du 23 octobre 1893, date de la création du Comité révolutionnaire, accompagné de l’étoile de Vergina .
Ceci apporte du moulin dans l’eau des Grecs qui voient, sans doute avec une certaine perspicacité, un lien admirablement tissé, bien qu’artificiel, entre Skopje d’aujourd’hui et la …Macédoine d’Aristote. L’étoile de Vergina est le symbole de la dynastie macédonienne. Ainsi, on laisse l’impression que depuis Philippe II et Alexandre le Grand jusqu’à maintenant il y a une continuité. C’est oublier de dire que les slaves, notamment les slaves dragovites, sont arrivés dans les Balkans au 6e -7e siècle.
Ainsi le nom de l’aéroport, le nom constitutionnel et les Macédonian AirLines nous imprègnent de ce que ce pays est certainement la seule et « vraie » Macédoine.
Le rappel du 23 octobre 1893 fait le lien avec le réveil des nationalités du 19e siècle et la lutte contre l’empire ottoman. Mais c’est surtout pcq la première réunion du groupe révolutionnaire a eu lieu dans la maison d’ Ivan Hadji Nikolov à Thessalonique.
Ceci fait le lien avec ce que les romantiques, ou irrédentistes, appellent la « Macédoine Egéenne (Mer Egée). Dans ce même ordre d’idées la Turquie pourrait réclamer Thessalonique pcq c’est aussi le lieu de naissance de Mustafa Kemal (Ataturk) ou de Bitola, pcq il y fit ses études à l'Académie militaire avant de prendre le commandement des Jeunes Turcs (1881-1938).
Enfin, il reste un élément plus subtil encore, qu’est la langue et donc les revendications minoritaires qui s’en suivent. Il existe même un parti qui a son siège dans le département grec de Florina (Lerin, en macédonien slave), département frontalier dont est distante de quelques kilomètres Bitola. Ce parti dit en grec « Ouranio Toxo »(Arc en ciel , Rain bow, vino-zito), dont le but est de défendre les droits minoritaires des Macédoniens en Grèce a même eu gain de cause devant la Cour des droits de l’Homme à Strasbourg pour une affaire qui a commencé en 1995. Ce sont les mots slaves vino-zito du titre de ce parti qui avaient déclenché des bagarres à Florina entre Grecs et les partisans de ce parti. Ces mots rappellent des souvenirs dramatiques de la guerre civile grecque qui a suivi la deuxième guerre mondiale. (pour plus de détails voir l’arrêt de la Cour du 20 octobre 2005 ((Recours N° 74989/01)
Ceci apporte du moulin dans l’eau des Grecs qui voient, sans doute avec une certaine perspicacité un lien admirablement tissé, bien qu’artificiel, entre Skopje d’aujourd’hui et la Macédoine d’Aristote dont le but final est la poursuite des revendications.
Bien évidemment cela peut nous paraître ridicule, comme nous paraît ridicule le conflit linguistique entre les francophones et les flamands de la Belgique. Mais cela l’est moins quand l’Histoire sert la politique.
L’immédiat
Le 1er novembre, le négociateur de l’ONU Matthew Nimitz rencontrera les deux parties pour une ultime( ?) réunion. J’ai une seule certitude : que ce conflit constitue une bonne source de revenus pour ce distingué monsieur car il le …gère depuis 1994.
Le 6 novembre la Commission livrera son rapport annuel sur les progrès accomplis par Skopje en vue de son adhésion à l’Union européenne. Il n’y aura rien de particulier dans ce rapport qui, tout en faisant l’éloge des avancées économiques, il mettra l’accent sur les reformes sociales encore à accomplir et la corruption à combattre. Plus importantes seront les tractations intenses qui auront lieu en vue de son entrée dans l’OTAN.
Le gouvernement grec, qui a été forcé par l’attitude maladroite des officiels de Skopje à durcir sa position, joue sa crédibilité interne et externe. Avec une majorité de 152 députés dont plusieurs proviennent des régions macédoniennes grecques et l’engagement public de poser son véto, il a peu d’espace pour agir.
Les Grecs ont raté une occasion de régler le problème, il y a plusieurs années. Le gouvernement de Skopje est en train de rater une autre occasion. Les provocations de Skopje sont totalement inutiles, d’autant plus que les coulisses de la diplomatie internationale semblent lui être beaucoup plus favorables qu’en 1992, y compris au niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Pour ma part, j’estime que chaque communauté doit sauvegarder ses profondes convictions. Mais chaque partie doit, avant de mettre en avant ses points de vue de manière pouvant accentuer les tensions, regarder le point de vue de l’autre.
11:05 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Macédoine, FYROM, A.Milososki, OTAN, veto
11.10.2007
L'OTAN ET ALEXANDRE LE GRAND.BREVE ANALYSE POLITIQUE
Il peut paraître difficile de comprendre le conflit entre Athènes et Skopje concernant le nom, qui dure depuis 15 ans.
Pour les Grecs la Macédoine est grecque. Pour les Macédoniens de Skopje leurs problèmes en apparence métaphysiques ne font qu’occulter leur peur de se voir submergés par la démographie galopante de la population albanaise. Dès lors eux aussi sont pris dans le piège d’un nom qui cache mal la complexité ethnique de ce petit pays.
En Grèce, lorsqu’on ose dire qu’ Alexandre le grand pourrait être bisexuel ou pire, boucher,- en somme criminel de guerre s’il n’avait pas l’aura du grand conquérant civilisateur- tous les Grecs instruits et moins instruits, populistes et politiciens de tout bord secondés par la presse écrite et le télévision et par quelques évêques, sont unanimes pour condamner les blasphémateurs.
Ce serait assurément risible si cet attachement au passé hellénique n’aboutissait pas à des excès. Je crois que la Grèce , comme d’autres pays dans les Balkans, ont besoin de ce passé glorieux, presqu’aseptisé, pour se persuader que la gloire du passé transcende leur modernité bien moins glorieuse. Tous ces pays sont des reliquats d’empires du passé antique, byzantin et même ottoman.
Plus grave : la Grèce ne se sent pas suffisamment forte pour assumer son présent et a développé un complexe à l’égard des autres européens. Elle a l’impression qu’après avoir donné tant à cette Europe jadis barbare, celle-ci ne le lui rend pas.
Dès lors, dès qu’un américain, tout important qu’il soit à cause de sa qualité de médiateur désigné pour régler le conflit gréco-macédonien, ose qualifier de boucher Alexandre le Grand toute la Grèce devient hystérique.
Mais un pays qui se sent solide a-t-elle vraiment raison de s’en faire parce qu’l’un ou l’autre ignare raconte sa version de l’histoire ? Faut-il que le ministère des Affaires Etrangères s’y mêle et proteste parce que la culture historique de ce haut fonctionnaire américain, Mr Matthew Nimits, se limite au film d’Oliver Stone.
Au-delà de ces barbouillements intellectuels, d’autres éléments me paraissent plus inquiétants. Qui n’ont rien à voir avec les préoccupations populaires des deux pays balkaniques, mais qui ont à faire avec le partage des nouvelles sphères d’influence. Et que les pays immédiatement intéressés deviennent les pions d’un jeu politico-stratégique mené par les Etats-Unis.
Hier et avant-hier le secrétaire général de l’OTAN rencontrait la secrétaire d’Etat Rice à Washington pour discuter, entre autres, de l’entrée de la Macédoine(FYROM) dans l’Alliance Atlantique et les discussions qui vont avoir lieu à Bucarest. Progressivement, les Américains qui ont plus de 700 bases dans au moins 130 pays, reprennent les positions balkaniques que Yalta les avait privé.
Personne ne peut vraiment croire que la Macédoine est indispensable à l’OTAN autrement que pour permettre, légalement, la mise en place d’un système militaire qui sert les intérêts américains. Sert- il pour autant les intérêts européens ? Rien n’est moins sûr, car même si nous nous inquiétons des pays comme la Chine ou l’Inde on ne peut oublier que l’ex Union soviétique est un empire blessé dans son orgueil. Et qu’il est toujours une puissance. Et qu’il est situé en Europe. Prise dans un étau, la Russie voit non seulement lui échapper la Pologne , la Hongrie , la Tchéquie , la Slovaquie mais sent la présence américaine à sa porte avec les événements en Ukraine. L’ancrage de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’union européenne et le démantèlement de l’ancienne Yougoslavie sont autant d’affaiblissements de sa position dans les Balkans et autant des avancées américaines. Malheureusement cette situation fragilise aussi l’Union européenne.
De l’autre coté nous, les européens, sommes incapables d’avoir une politique étrangère commune, encore moins une défense commune. Nos concitoyens ne sont pas prêts à mettre la main dans la poche pour avoir cette défense. Alors on se contente de l’Alliance atlantique, ou de l’Alliance essentiellement américano-anglaise où les autres membres ont un rôle moindre. Ceci vaut pour la Belgique comme pour la France. Ceci vaut aussi pour la Grèce puisque les officiels américains viennent de déclarer que le conflit autour du nom de la Macédoine n’est pas un préalable pour l’entrée de ce pays dans l’l’OTAN.
Le premier ministre grec Constantin Caramanlis dira t-il comme le président Sarkozy vient de le dire aux Russes : "je suis ami des Américains mais je ne suis pas vassal".
Le dire c’est une chose, le croire c’en est une autre. Le démontrer c’est encore autre chose.
08:30 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Macédoine, Grèce, OTAN, Union européenne
01.10.2007
Politique internationale.Balkans
Il fallait s’attendre. Tombé en pleine présentation du programme gouvernemental au Parlement,moment où le gouvernement demande sa confiance , l’incident du 25 septembre aux Nations Unies (voir billet précédent) ) a raidi à l’extrême la position grecque.
Selon le premier ministre grec Costas Karamanlis, intervenant au Parlement les 29-30 septembre, « nous avons fait savoir expressément à nos voisins de Skopje que s' ils souhaitent réellement adhérer aux institutions euro atlantiques, ils doivent respecter entièrement les Accords et abandonner leur position irréconciliable afin de trouver une solution acceptable par les deux parties en ce qui concerne leur nom. Voilà nos positions. Et ces positions sont parfaitement claires ».
Secondé par la ministre des Affaires Etrangères, Dora Bakoyianni, celle-ci fit état de l’incident pour estimer que « dans ces conditions il ne peut pas y avoir du progrès dans la perspective de l’adhésion de ce pays à l’OTAN et à l’UE ».
« La question du nom n’est pas une question bilatérale, ni une question sentimentale. C’est un sujet politique par excellence. C’est une question de respect et d’application des relations de bon voisinage. Il s’agit, en dernière analyse, d’une question de stabilité régionale et de collaboration ».
Et ajouta « Nous parlons pour l’avenir et non pour le passé. Les actes et les omissions de Skopje, l’attitude irréconciliable, la large propagande fondée sur une logique irrédentiste et toute sorte de provocations minent la lettre et l’esprit de la Convention intérimaire de 1995. La Grèce , comme je l’ai souligné à New York conserve dans sa totalité tous les droits qui émanent de sa qualité de membre de l’OTAN et de l’UE ».
S’adressant aux membres du Parlement, elle indiqua qu' « en ce qui concerne la procédure qui est suivie au sein des Nations Unies nous avons fait tous les pas nécessaires.Mais l’autre partie doit aussi couvrir une certaine distance. Malheureusement elle ne l’a pas encore fait.
Je les invite à abandonner le plus rapidement possible cette attitude sans issue.
Le ministère des Affaires Etrangères, a reçu instruction de la part du premier ministre à faire connaître clairement la position de la Grèce à tous les amis, alliés et partenaires.
La Grèce est prête pour une solution communément acceptée. Celle ci est la position responsable du plus ancien membre de l’UE et de l’OTAN de cette région. C’est la position de la Grèce qui , évidemment, conserve intactes toutes les possibilités qu’elle a comme Etat membre de ces organisations. Il n’y a qu’une seule voie pour Skopje qui mène à l’OTAN et à l’UE. La voie de la solution communément acceptée. Point barre.Ca c’est le message fort de la Grèce. Vers toutes les directions »
Face à ce conflit, le President Mr Branko CRVENKOWSKI, accompagné du ministre des affaires Etrangères Mr Antonio MILOSOSKI voit à Bruxelles le mercredi 3 octobre le commissaire chargé de l’élargissement. Olli Rehn, le membre finlandais de la Commission européenne n’a pas beaucoup de marge de manœuvres dans la mesure où la toute première priorité de la jeune république est son adhésion à l’OTAN. Sans doute le Commissaire européen , tout en constatant une amélioration, ne manquera pas de souligner que la Macédoine doit faire des grands efforts pour combattre la corruption et que le chemin pour l’Union européenne est bien long, veto grec ou non.. Mr CRVENKOWSKI verra une heure plus tard Javier Solana qui a déjà le problème de la reconnaissance du Kosovo dans les bras. Le lendemain ,le président de l’ARYM verra le ministre socialiste du gouvernement Fillon, Mr Kouchner. Peut être ce dernier, sera mieux inspiré d’abandonner ses qualités diplomatiques au profit de ses compétences médicales. Il doit faire la part de qui relève d’un problème existentiel pour les macédoniens de Skopje et d’un problème psychotique pour les grecs. C’est ça parfois la grande politique.
15:05 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Grèce, Macédoine, FYROM, OTAN, Veto
27.09.2007
Politique internationale.Balkans
Dans mon billet précédent j’évoquais le conflit politique entre les deux pays. Une nouvelle tension vient d’apparaître à l’occasion de l’intervention aux Nations unies du président de la jeune république, Mr. BRANKO CRVENKOVSKI.
Le 25 septembre s’est ouverte la 62e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies. A l’ouverture du débat général ont pris la parole plusieurs chefs d’Etat dont MM. Bush et Sarkozy.
La session est présidée par le diplomate de Skopje Monsieur SRGJAN KERIM. Devait succéder à la tribune suite aux interventions du président français et de Daniel Ortega (président du Nicaragua), le président macédonien.
Le président de la session, Monsieur Kerim, invita à la tribune son président en s’adressant à lui en tant que « Président de la république de Macédoine ». Celui-ci voulut prendre la parole, mais son intervention fut interrompue par une motion d’ordre du représentant permanent grec (l’ambassadeur). Ce dernier, rappela au président de la session qu’il devait respecter les règles des Nations Unies (les mêmes règles valent pour l’Union européenne) selon lesquelles la jeune république se nomme toujours « Ancienne République Yougoslave de Macédoine ». Ce sont les Résolutions du Conseil de sécurité 817 et 843 de 1993. D’ailleurs le compte rendu officiel et les communiqués de presse des NU indiquent monsieur Crvenkovski en tant que président de l’ARYM.
La position grecque en termes de droit est exacte, même si je considère depuis toujours que la Grèce s’est mise dans un bourbier politique, au lieu d’aider financièrement et culturellement ce pays dont la stabilité est importante dans la région des Balkans. Je comprends aussi le président de la session. Comment voulez vous qu’il traite son président ? Président de l’ARYM ? Mais évidemment un président de session n’intervient pas en tant que national d’un pays, mais en tant que président de tous les pays qui participent à l’assemblée Générale. En outre, il était inutile de donner une réponse empreinte d’ironie.
L’incident a pris des proportions car à la fin de son intervention le Président Crvenkovski déclara—alors que la Grèce et son pays sont en conflit en attente d’une solution dans le cadre de l’ONU— que son pays s’appelle et s’appellera « République de Macédoine ». Il confondit son intervention dans l’enceinte internationale avec un discours électoral.
On voit donc qua la question de l'appellation de l'Ancienne République Yougoslave de Macédoine rentre dans une nouvelle phase, après une léthargie de plusieurs mois. Le gouvernement grec va exploiter cet incident qui lui facilite une décision éventuelle sur le veto à exercer tant sur l’entrée de ce pays dans l’OTAN que dans l’UE. Il a le prétexte, l’attitude irrédentiste des officiels du pays voisin. En même temps il court - circuit l’extrême droite.
Dans ce contexte, je considère que la fin de l’intervention du président macédonien fut totalement inutile et, pour reprendre un terme diplomatique, totalement contre- productive d’autant plus que 123 pays sur les 192 membres des Nations Unies ont reconnu ce pays, dans leurs relations bilatérales, avec son nom constitutionnel.
Décidemment, les Balkans ne sont pas seulement une région. C’est surtout un problème.
Je reviendrai sans doute sur ce problème!16:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Balkans, Macédoine, Grèce, Branko Crvenkovski, FYROM










