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18.10.2007

Pauvrété

Chômeurs, travailleurs pauvres et pauvres dans une Europe riche

A Paris, c’est évidemment la grève qui attire l’attention et ses conséquences. En Grèce la Chambre commence les discussions sur la sécurité sociale en ayant une approche néo- libérale, à l’instar des conceptions du gouvernement français.

En France c’est le divorce du Président, et en Grèce la méchante querelle entre les prétendants au siège du président du parti socialiste(Pasok) qui semblent intéresser nos citoyens.

Personne ne doute de l’importance de ses sujets, mais je voudrais m’attarder juste une minute aux pauvres de nos pays qui deviennent plus pauvres. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le Président de la république Hellénique (voir mon billet du 16 octobre).

Crise, quelle crise ? S’interroge avec raison l’hebdomadaire économique belge  « Test budget » qui conseille à ses abonnés comment mieux placer leur argent.

Bien sûr nous savons tous que le grand capitalisme, essentiellement financier, est plus que prospère et que les hauts organes de direction des grandes entreprises ont plus de pouvoir que tous les ministres réunis.

La politique, la plupart du temps se contente de gérer et non pas de prévoir pour le long terme,  ce qui est de l’essence même de la politique. Depuis bien longtemps, les politiciens ont abandonné le long terme, gouverner et prévoir, au profit du court terme, c'est-à-dire leur propre réélection.

Les énormes bénéfices des grandes entreprises, non seulement ne vont renforcer le tissu économique et social, mais augmentent le nombre des chômeurs- habituel premier résultat de toute fusion- et des travailleurs pauvres, par pression constante sur les salaires sous prétexte de concurrence.

Flexibilité, employabilité, flexicurité, nouvelles formes de travail frappent les plus faibles et notamment les femmes.

Au niveau de l’Union européenne, la responsabilité est à la fois nationale et européenne.

Je crains que le nouveau traité qui est destiné à remplacer le défunt traité constitutionnel n’apporte aucune amélioration en ce qui concerne ces travailleurs.

Chômeurs, travailleurs pauvres et pauvres, qui touchent moins de 800 euros par mois  forment une masse extraordinairement compacte qui, malheureusement pour elle, ignore sa puissance électorale et politique. Empêcher la population européenne –par référendum commun le même jour- de s’exprimer sur un traité cousu et recousu par des experts est une nouvelle  claque aux citoyens et une bombe à retardement pour la construction européenne. C’est à cela que nous invite à assister le Conseil européen de cet après midi à Lisbonne. On se partage les sièges, mais on ne se préoccupe pas des citoyens. Il y a un problème majeur qui est en train de se créer.

Certes, dans le monde les pauvres ne sont pas partout les mêmes. 854 millions d’êtres humains souffrent de la misère la plus profonde  et l’Europe-mais pas seule - doit apporter son aide, ce qu’elle fait partiellement. Il faut savoir que 10% des plus riches contrôlent les 85% de la richesse mondiale, alors que les 50% des plus pauvres possèdent 1% de cette richesse mondiale.

Mais je ne peux ignorer aussi nos propres pauvres dans l’Europe des 27  dont leur vie est conditionnée par la spéculation financière ou les mouvements géopolitiques.

Ainsi l’exemple le plus frappant est la situation turco-kurde qui conduit le baril du pétrole vers les 90 euros. Or, l’Irak du Nord ne produit qu’à peine 500000 barils alors que la production mondiale est de l’ordre de 85 millions de barils par jour.

La spéculation financière joue sur cette peur psychologique mais aggrave le budget familial. Ainsi plusieurs familles en Grèce empruntent déjà pour acheter le mazout dont ils aront besoin.

Rien ne dit que la France comme la Grèce et d’autres pays de l’Union  ne devront déclencher un mécanisme d’octroi des bons de chauffage aux plus démunis. Ainsi une querelle turque avec les kurdes a une influence sur le prix du pétrole qui, par le biais de la spéculation, frappe de plein fouet plusieurs milliers des familles.

C’est en ce sens que je disais que les politiciens ne gouvernent pas mais gèrent : ils gèrent un passif social dont ils ne contrôlent plus les tenants et aboutissants. N’est pas là un échec terrible de la Politique  ?

 
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