23.10.2007
Le Projet d'Union méditerranéenne
LE PROJET D’UNION MEDITERRANEENNE OU LE JOUJOU DU PRESIDENT
Au moment où le président Sarkozy rencontrait le Commandeur des croyants, un distingué journaliste grec du journal To Vima traitait précisément de ce projet. Il attirait l’attention des lecteurs, à juste titre me semble-t-il, sur les dangers potentiels d’une improbable entité.
On sait que la politique extérieure du président français est construite autour des deux piliers prioritaires : l’Union européenne et son projet nébuleux d’une Union méditerranéenne. Certes, il s’agit dans son esprit d’une sorte de marché commun pour la Méditerranée , sorte de trait entre l’Union européenne et la rive orientale de cette Mer source inégalée de civilisation.
Je peux comprendre qu’à court terme, s’accaparer d’un investissement de deux milliards à travers plusieurs contrats civils et militaires est une bonne chose pour la France.
Et si sa Majesté n’a pas de majorettes pour recevoir son hôte, il a fait le nécessaire pour qu’une foule colorée enjolive le chemin depuis l’'aéroport de Marrakech jusqu’au Palais royal en évitant les bidonvilles.
Ceux qui ont suivi un peu la politique savent, peut-être, que ce qu’on a appelé « le processus de Barcelone », lancé en 1995 entre l'Union européenne et dix pays riverains de la Méditerranée n’a pas fait long feu. Peu importe. La « France européenne et méditerranéenne à la fois" prendra l'initaitive de reparer le jouet. Il aura son propre marché commun, pense-t-il.
Mais qu’on ne se trompe pas d’enjeu. La France ne peut faire seule cette Union. Elle a besoin, notamment de l’Italie, de l’Espagne, de Chypre et de la Grèce. Cinq pays qui respectent, globalement, les droits de l’homme, sont gouvernés par des régimes démocratiques et appartiennent à l’Union européenne.
C’est la partie occidentale de la Méditerranée.
Qu’avons-nous en face ? La Libye , l’Algérie, la Tunisie , l’Egypte, la Syrie. Aucun de ces pays n’est dirigé par des démocrates et leurs peuples souffrent. La Turquie est toujours en apprentissage de la démocratie et son chemin est encore long. Le Liban est exsangue et Israël n’est pas suffisant comme interlocuteur.
C’est la partie orientale de la Méditerranée
Si c’est exact que la corruption est plus forte là où il y a des dictatures, on ne s’étonnera pas que ces pays ont une corruption endémique.
Le Parlement français aurait pu, au moins, profitant de cette visite au Maroc et de ce projet d’Union méditerranéenne, suggérer au gouvernement marocain- et pas seulement- de ratifier la Convention des Nations Unies et de mettre en place une agence de lutte contre la corruption. Car la corruption est tellement répandue, tellement “démocratisée”, qu’elle obstrue le progrès économique, l’amélioration du niveau de vie, la liberté des médias, l’indépendance des tribunaux Elle empêche la démocratie. Par contre, elle sert de terreau à toutes les frustrations et colères.
Dans ces conditions, on peut se poser légitimement la question: combien de ces deux milliards passeront sous la table de chaque coté de la Méditerranée ? Quels seront les contrôles ?
Tous ces pays ne sont pas seulement des destinations pour touristes, mais des terres où vivent des personnes qui aspirent à la liberté et à une vie meilleure, simplement, comme chacun d’entre nous. On ne se bat pas quand on a le ventre plein et un toit. On philosophe.
Se livrer uniquement à un hommage appuyé de la politique de réformes menée par le Roi , c’est manquer de perspective. Telle fut la solution choisie par l’Elysée. A moins de considérer que les régimes mis en place, dans plusieurs pays arabes nous arrangent, nous européens. Comme des antennes sales et éloignées, mais qui permettent à nos GSM de luxe de fonctionner. Cette visite au Maroc et ce projet d’une Union méditerranéenne doit nous inciter à nous poser la question : dans quelle mesure sommes- nous responsables du maintien en place des élites arabes si peu démocratiques ?
Sans nous culpabiliser et sans angélisme, mais sans nous tromper de politique. La paix n’est pas un jeu à court terme et la Méditerranée n’est pas en Amérique.
18:15 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Union méditerranéenne, Maroc, corruption, Grèce Méditerranée
29.09.2007
La corruption en Europe
La corruption en Europe et le classement mondial établi par Transparency International
Le prétexte pour cette note m’a été donné par la publication de l’interview de Helen Darbishire, fondatrice du réseau Access Info, dans 20 minutes fr. concernant l’accès des citoyens à l’information. Elle a absolument raison lorsqu’elle dit que cet accès sert, avec d’autres moyens, à combattre la corruption. Certes la corruption comme d’autres phénomènes criminels, ne peuvent être éradiqués totalement. Ils font partie de la société, mais lorsqu’ils ne sont plus des actes isolés ils gangrènent la société.
Le dernier rapport de Transparency publié cette semaine, quelles que soient les réserves qu’on peut avoir à l’égard de cette organisation non gouvernementale, constitue une indication de la perception qu’ont les citoyens de tel ou tel pays de la corruption chez eux.
Globalement le classement mondial qu’il propose montre que là ou il y a la misère et là où règne la dictature ou une caricature de démocratie, la corruption est très élevée. Par contre dans nos démocraties occidentales la corruption est moindre. C’est une des qualités des régimes démocratiques. Mais même dans nos pays la perception de la corruption est différente, ce qui signifie que l’on peut la réduire en prenant exemple sur les pays le moins corrompus.
A l’intérieur de l’Union européenne, on constate une bonne tenue avec un excellent taux pour la Finlande et le Danemark qui occupent, avec la nouvelle Zélande, la première position mondiale sur 180 pays examinés. La France occupe la 19e place et la Belgique la 21e.
Toutefois il est consternant de constater que la Grèce reste le dernier des anciens 15 Etats membres de l’Union européenne sur cette liste noire. Il n’est dépassé que par la Pologne , la Bulgarie et la Roumanie , dans le cadre des 27 Etats membres.
La situation est encore plus préoccupante en ce qui concerne les pays qui voudraient se joindre à l’Union européenne.
Seules la Croatie et la Turquie égalent la Bulgarie dans la corruption.
Suit la Serbie , cinq places plus loin que la Roumanie. Viennent ensuite la Bosnie , la Macédoine et le Monténegro, à la 84e place avec 3,3 points. La toute dernière position dans l’Europe est tenue par l’Albanie qui occupe la 105e place avec 2,9 points.
Pour ceux qui veulent voir de plus près la situation en Europe, cette étude de Transparency International peuvent lire d’autres rapports tels ceux qui relèvent du Conseil de l’Europe à Strasbourg et notamment le Groupe d’Etats contre la Corruption , dit GRECO. Cela permet aussi de nuancer le rapport de Transparency International et d’exiger que les revenus de toutes les personnes qui ont un mandat électif soient connus. La corruption s’étant « démocratisée », il faut la combattre dans tous les niveaux du pouvoir politique.
1. Danemark 9,4 ; Finlande 9,4
4. Suède 9,3
7. Pays-Bas 9,0
12. Luxembourg 8,4 ; Royaume Uni 8,4
15. Autriche 8,1. 16. Allemagne 7,8 . 17. Irlande 7,519. France 7,3
21. Belgique 7,1
25. Espagne 6,7
27. Slovénie 6,6
28. Estonie 6,5 ; Portugal 6,5
33. Malte 5,8
39. Chypre 5,3 ; Hongrie 5,3
41. République Tchèque5,2 ; Italie 5,2
49 Slovaquie 4,9
51. Lettonie 4,8 ; Lituanie 4,8
56. Grèce 4,6
61. Pologne 4,2
64. Bulgarie 4,1
69. Roumanie 3,7
15:05 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Corruption, Grece, Transparency, Conseil de l'Europe










